tome 6a SOS Météores

série: Blake et Mortimer
dessinateur / scénariste: Jacobs Edgar-Pierre
éditeur: Lombard EO 1959
genre: ScienceFiction
classement: biblio1
date: 1959
format: cartonné
état: TBE
valeur: 800 €
critère: ***
remarques: - album Lombard, imprimerie Vandezande,
EO 1959, édition belge, 64 pages
4ème plat aux damiers bleus, dernier titre le grand défi
pages de garde aux éclairs et boules de feu
ce récit a été publié dans le journal Tintin
du 8.1.1958 au 22.4.1959 et l'album est sorti en 1959
titre S.O.S. Météores mais aussi connu
sous le titre Mortimer à Paris


- l'action débute à Paris par un temps de chien
- Mortimer arrivé à Paris se dirige vers la gare
des Invalides en taxi rouge, il assiste à l'accident
avec une Ford Custom bleue qui grille un feu rouge,
puis il prend le métro vers la gare de Versailles Rive-Gauche
où l'attend le taxi Simca Aronde de Ernest Brisson pour
le conduire à Jouy chez le professeur Labrousse,
un éminent spécialiste de la météorologie,
mais sur leur trajet, la Simca a des ennuis d'éclairage,
suit une voiture inconnue et s'égare dans la nature
pour s'arrêter auprès d'un étang


>> p. 6 un relent de xenophobie "va donc, hé amerloque"
dixit Ernest, ce qui ne dérange pas Mortimer qui est anglais
- Ernest parti chercher du secours disparait et Mortimer,
pris dans une tempête glisse dans un torrent, il arrive
à regagner la rive et finalement est pris en charge
par un camion qui le dépose chez le prof. Labrousse
>> p. 10 réconforté par un bon dîner arrosé d'un Pomerol 47
pour un Mortimer qui cette fois porte une cravatte

- les explications du prof. Labrousse relatives au
détraquement du temps et sur les conditions météorologiques
qui semblent n'affecter que le monde occidental
>> p. 12 le mystère de la boule de feu

- l'enquête sur le taxi et la disparition d'Ernest Brisson
se poursuit, mais les pistes restent brouillées, toutefois
- Mortimer constate que le taxi n'a pas été retrouvé
à la véritable place, mais dans un autre étang
situé beaucoup plus éloigné que l'endroit initial,
il découvre aussi que le véritable étang se trouve
sur le domaine de Troussalet (d'abord mentionné trou salé)
et en cherchant sur ce domaine, Mortimer se fait capturer par
>> p. 23 des fantômatiques personnages

- apparition par la suite de Sharkey (voir mystère
de la grande pyramide), de Freddy et de Sadi, l'homme
au chien dogue Eblis, et enfin réapparition d'Olrik
sous le déguisement de l'homme d'affaire Quarnström
ou Monsieur Henri, un voisin du prof. Labrousse


- Mortimer disparu, Blake, agent du MI5 (military intelligence
= section spéciale de l'Intelligence Service)
arrive à Paris et prend contact avec son équivalent,
le commissaire Pradier (qui ressemble à Jean Gabin)
au D.S.T. = direction de la surveillance du territoire
où l'on réussit à déchiffrer un message météo et où
>> p. 25 Blake donne des leçons aux services français
>> p. 26 et l'on constate que le temps est manipulé
par des forces inconnues

- Labrousse propose à Blake de se rendre dans sa villa
dans les environs de Paris pour discuter de la disparition
de Mortimer; entretemps les soupçons de Blake se portent
sur le fameux Monsieur Henri
>> p. 29 la Citroen traction avant de Labrousse qui a été saboté
par les sbires d'Olrik qui veulent s'emparer de Blake,
Blake réussit à s'enfuir de la villa du professeur,
- toutefois il est repéré par Sharkey et Freddy à bord
de la Ford Custom et une poursuite dans la neige en
banlieu parisienne s'engage entre les bandits et Blake
qui cherche à rejoindre la DST
>> p. 32 à 40 une poursuite endiablée durant laquelle
défilent les rues et les lieux de passage
bien spécifiés par Jacobs qui s'est bien documenté à ce sujet


- avec les hommes du commissaire Pradier, Blake surprend
Olrik et ses complices dans son appartement
et la traque commence
>> p. 47 fuite sur les toits avec un orage de grêle ce qui
permettra à Olrik et ses complices d'échapper à la police française

- retour à Mortimer, prisonnier d'Olrik qui le présente
au professeur Miloch Georgevitch dans sa base secrète
où l'on maîtrise la science météorologique;
- explications scientifiques de Miloch sur le réseau Cirrus
qui peut modifier les conditions météorologiques
grâce à des stations-relais et l'éclair en boule
dont la prodigieuse énergie est captée et chargée
dans d'immenses accumulateurs
>> p. 53/54 apparition du mystérieux général
(qui ressemble beaucoup au soviétique Mikoyan),
chef de la base ce qui laisse supposer que l'offensive
météorologique est organisée par un pays étranger
dont on ne citera toutefois pas le nom,
mais par lequel la France est menacée d'une invasion
avec l'utilisation et la maîtrise de la météo
- d'ailleurs l'offensive est programmée avec un jour
de brouillard opaque contenant un gaz hilarant
qui neutralisera les forces intérieures
- averti par Blake, Pradier avise les forces armées
des environs de Paris qui munies de masque à gaz
entreprennent d'envahir le château de Troussalet
où se trouve la base ennemie

- en même temps, Mortimer délivré par Ernest,
le chauffeur de taxi, également prisonnier, mais qui
a réussi à s'évader, Mortimer sème la confusion dans la base
et enclanche accidentellement le dispositif noir
ce qui provoque l'auto-destruction du système Cirrus
>> p. 59 et c'est grâce à ce cher Ernest, l'homme à tout faire,
que le monde occidental sera sauvé
>> p. 62 c'est la fin du monde dixit Pradier,
c'est l'enfer dixit Ernest

- Olrik et ses complices tenteront de s'enfuir,
le prof Miloch et le général étant probablement morts dans
la destruction de la base, mais cette fois Olrik sera capturé
>> p. 63 la DS 19 chère à Jacobs dans laquelle
Olrik cherchera à s'enfuir
et >> p. 64 dernière page où la redoutable station-pilote
du réseau "cirrus", ayant épuisé toute sa malfaisante énergie,
soit l'ouragan artificiel créé par la gigantesque
ascendance thermique que la libération de ses accumulateurs
avait provoquée, a balayé le ciel et voici que déjà
dans l'azur enfin purifié passent les innombrables
escadrilles qui foncent à la rencontre de l'ennemi

- et bien sûr Olrik, derrière les barreaux, contemple
sa défaite (c'est la première fois qu'il est capturé)


>> le graphisme est peut'être un peu moins recherché
que dans les albums précédents, mais le scénario sur fond
météorologique est très bien développé avec les nouveaux
méchants: le professeur Miloch et le général inconnu
- Olrik (un peu genre Arsène Lupin) baisse quelque peu
de valeur par rapport à l'espadon et à la pyramide
avec ses complices Sharkey, Freddy et Sadi
(qui remplace peut'être le bezendjas),
alors que le commissaire Pradier (qui ressemble à Jean Gabin)
prend une meilleure consistance que les commissaires
Kendall (marque jaune) et Kamal (pyramide)

- c'est l'album français par excellence
(d'où le titre Mortimer à Paris) avec en dernière page
la Marseillaise et la seule fois où Olrik est arrêté
- bonne documentation de Jacobs pour les rues, gares,
stations-metro et autres lieux de Paris
lors des poursuites et autres parcours


état de l'album: TBE en tout point
sauf pour une petite annotation en page de garde,
côte BDM en BE = Euros 1000.-

annexes
- couvertures 1er et 4ème plat
- affiche de l'exposition 2008 de Benoit Verley
"Mortimer dans la vallée de la Briève"
- Mortimer prisonnier
- couverture du journal Tintin 1958
- trois illustrations de l'album
dont la dernière page


Information
SOS Météores est à n'en point douter, l'un meilleurs
épisodes de la série, l'histoire est captivante
du début à la fin, avec une bonne dose de mystère
et un brin de fantastique, juste ce qu'il faut
pour faire passer SOS Météores dans une autre dimension:
celle des albums-cultes,
- le scénario est parfaitement construit et Jacobs réussit
le tour de force de mettre en scène tour à tour
Blake et Mortimer, avec une importance égale,
sans que l'un ni l'autre ne se rencontre tout au long
de l'album, si ce n'est à la dernière page
- qui plus est, l'ambiance de ce Paris pris dans les
intempéries hivernales, entre orages et chutes de neiges,
est superbement bien rendue
- certains passages auront marqué la série
(et l'imaginaire du lecteur), telle la balade nocturne
de Mortimer sous la neige au château du Troussalet
ou encore cette incroyable poursuite entre Blake et Sharkey
qui s'étale sur 8 pages entières

- un inédit dans l'oeuvre de Blake et Mortimer,
avec le surtitre: Mortimer à Paris
e- n effet exit les aventures de Blake et Mortimer,
dans cet album on parle surtout de Mortimer enfin, presque

- l'aventure débute alors que s'abat sur l'Europe
une succession infernale de dérèglements climatiques
et Mortimer se rend à Paris pour essayer de comprendre
ce qui arrive, au près de son ami le professeur Labrousse,
directeur de la Météorologie Nationale
- contrairement à l'album précédent, nous voici revenu
à des considérations bien terrestres et si le climat
se dérègle ce n'est pas uniquement par hasard, mais
bien le résultat d'une activité humaine… (prémonition ?)
- toujours est-il que nous finirons par retrouver
notre ami le capitaine Blake arrivé à la rescousse

- dans "les mémoires de Blake et Mortimer, un opéra de papier"
Jacobs déclare avoir eu l'idée de SOS Météores à la suite
des perturbations météorologiques qui ont émaillé
les années 1950: "en parcourant les coupures de presse
et les articles des revues de l'époque,
on note en effet, entre 1954 et 1957 (et même au delà),
une suite de phénomènes météorologiques absolument anormaux:
hivers trop froids, étés brûlants ou trempés,
vagues simultanées de sécheresse et de froid, inondations
catastrophiques, ouragans, typhons, tornades..."

- l'aventure se déroule en France, dans les anciens
départements de la Seine et de Seine-et-Oise,
les lieux de l’action sont aujourd’hui recouverts par Paris,
les Hauts-de-Seine, les Yvelines et l’Essonne,
Paris, Versailles, Jouy-en-Josas, Buc, Les Loges-en-Josas,
Toussus-le-Noble, Igny, Massy et Palaiseau
(desservis par la gare de Massy-Palaiseau)

- l’album contient une représentation très précise
des lieux concernés qui abritaient à l’époque
une importante concentration d’objectifs militaires
dont le grand quartier général des puissances alliées en Europe
avant son transfert vers Casteau, près de Mons en Belgique

- un des moments forts concerne une course poursuite
impliquant l’ancienne ligne de Sceaux qui deviendra
dix ans plus tard, munie d’autres voitures, le RER ligne B
et dont le chronométrage est parfaitement crédible

- la qualité quasiment photographique des dessins
est d’ailleurs ce qui retient l’attention dans l’album
car Jacobs, qui a réalisé à cette occasion
de nombreux repérages dans la région, décrit avec
force minutie la France de la fin des années 1950
- c’est ce réalisme exceptionnel et le tempo de l’action
qui confèrent une ambiance particulière à SOS Météores

n.b. le vrai château de Troussalet se trouve en Belgique à Uccle

- nomenclature des véhicules de SOS Météores:
a) le premier taxi = taxi rouge vraisemblablement
un Renault Viva Quatre type KZ,
b) le fourgon postal = Peugeot D3A
c) la DS 19 d'Olrik
d) la Citroën traction avant 11 légère de Labrousse
e) la Simca Aronde du taxi Ernest Brisson
f) la Renault Dauphine du commissaire Pradier
g) la Ford Custom "300" Fordor Sedan de Sharkey

les erreurs:
- le premier épisode de S.O.S. Météores paraît
dans le journal Tintin (édition belge) le 8 janvier 1958
et le 20 février dans l'édition française,
- l'album paraîtra en septembre 1959 au Lombard,
entre l'édition originale de 1959, celle de 1972
et celle de 1989 on remarque de nombreux changements,
lors de la parution dans le journal Tintin:
- Olrik apparaît à visage découvert dans la scène de l'étang,
Jacobs modifiera son apparence dans les éditions suivantes
en le grimant d'une moustache et de lunettes,
afin que l'on ne découvre sa véritable identité
qu'avec Blake, 28 pages plus loin

- peut'être une autre erreur p. 55 Olrik qui lit le journal
à l'envers (mais peut'être que le journal est à moitié plié)


couvertures:
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