9ème art, la bande dessinée

série: Etude de BD
dessinateur / scénariste: Lacassin Francis
éditeur: 10/18
genre: Etude
classement: biblio1
date: 1971
format: broché
état: TBE
valeur: 10 €
critère: ***
remarques: titre complet: pour un 9ème art, la bande dessinée

préface
- la bande dessinée = medium de masse, fondé sur l'image,
léger, peu coûteux (?), reproductible à l'infini
et conservable pour le consommateur
- 29.3.1962 création de la CELEG
(centre d'Etude des Littératures d'Expression Graphique)
et parution de la revue "Giff Wiff", première revue à se consacrer
à l'étude de la bande dessinée
- en 1971, la bande dessinée entre à l'université
et l'Institut d'Art et d'Archéologie de la Sorbonne
inscrit la bande dessinée à son programme d'enseignement


I/ de l'image narrative à la narration en images

1) définition pour le Larousse
- récit en images, publié en feuilletons dans la presse avant d'être
recueilli en fascicules périodiques ou albums
- images où le texte est généralement contenu dans des ballons
(ou bulles ou phylactères = rubans) paraissant d'échapper
de la bouche des personnages
- utilisation d'onomatopées graphiques pour les bruits

2/ préhistoire
- dès 3000 ans B.C. apparaissent déjà les premières histoires figuratives
(fresques, peintures rupesres, gravures, hiéroglyphes)

3/ histoire
- R. Töppfer invente la première bande dessinée typique en 1827
dans monsieur Vieux-Bois avec texte intégré à l'image et découpage des images
- les premiers ballons apparaissent dans "the yellow kid" de Richard Outcault
- en 1896, la bande dessinée se développe d'abord principalement aux USA,
suite peut'être à l'absence d'une tradition culturelle spécifique
- les premiers strips paraissent en 1907 dans le "San Francisco Chronicle"
avec Mr. Augustus Mutt de Bud Fisher (daily strips et sunday pages),
par la suite, les comic books s'y ajouteront en développant
les aventures d'héros personnifiés
- les syndicats dont les puissants "King Features Syndicate" et
"the United Features Syndicate" procureront
à la bande dessinée la diffusion nécessaire

4) diversification et thématique
- d'abord comiques (d'où le nom comics ou funnies = amusantes),
la bande dessinée devient aventure, policier, science-fiction et comédie,
- J.-C. Forest avec "Barbarella" introduit en 1962 la bande pour adultes
et G. Pellaert avec Jodelle en 1966 souligne la parenté de la bd avec la peinture

5) le neuvième art
- accepté par le souci d'affirmer la bande dessinée comme un art graphique
- étude, recherches, analyse et critique de la bande dessinée


II/ un art en quête de langage
- la bande dessinée existe déjà avant l'invention du papier et de l'imprimerie:
peintures rupestres, fresques, bas-reliefs, vitraux et parchemins

1) d'Aurignac à Bayeux, les mayas et la bande dessinée verticale,
un contemporain de Prince Vaillant, la cathédrale, temple de l'image
- les hiéroglyphes égyptiens et mayas
- tapisserie de Bayeux en 1066
- les cathedrales où les fresques sont au service de la foi
- l'art de l'enluminure au XIIème siècle dans les livres de luxe,
effectué par les moines, images avec les premiers phylactères
(= rubans munis d'inscription = texte)
- la xylographie (impression, estampe obtenue par
une planche de bois gravée = block book)
- peintures de Boticelli illustrant la divine comédie en 1480
et Jerôme Bosch avec les tryptiques sur les 7 péchés capitaux
introduisant la continuité des images et la notion du plan
- diffusion de l'image par les colporteurs

2) Pellerin, le séditieux d'Epinal
- les frères Pellerin publient les célèbres images d'Epinal:
exécution d'images religieuses, d'actualité (les batailles de l'Empire),
images enfantines (contes, légendes et chansons)

3) William Hogarth et l'expression de la cruauté
- le peintre anglais Hogarth (1697-1764)
inaugure une forme de récits en images,
style qui sera repris plus tard par Töppfer,
il introduit le grotesque et l'expression de la cruauté
par la réalité quotidienne et le système social,
il accroît la charge dramatique par l'image
(expressionnisme du trait et la vérité du détail)

4) Robinson Crusoë et la bande dessinée littéraire
- bande dessinée tirée d'une oeuvre littéraire
- illustré par Francis Dumoulin, élève de Jean-Jacques Rousseau
(150 gravures à l'eau forte d'un dessin remarquable)
- utilisation du ballon "en anglaise" (caractères manuscrits)
dès 1780, puis dans le "poetical magazine" en 1805
dessiné par Thomas Rowlandson


III/ les pionniers européens
1) Töpffer et la "littérature en estampes"
- Rodolphe Töpffer (1799-1846) invente
la première vraie bande dessinée en 1827
en élargissant la connaissance des images
par la création d'un moyen d'expression nouveau,
Goethe lui-même deviendra un admirateur des oeuvres de Töpffer
dont surtout monsieur Vieux-Bois (satire aimable)
- Töpffer introduira aussi le gag itératif (répété plusieurs fois),
les récits développent presque tous un thème dynamique
et produisent souvent un certain "suspense"
dans la dernière image de chaque planche,
Töpffer pratique également déjà un rudiment de montage
(assemblage d'images à la superficie inégale), mais il ignore
l'image du ballon, toutefois Töpffer comprend malgré tout
que le texte doit illustrer l'image et non le contraire
(intégré dans l'image), c'est la base de la bande dessinée

2) la trilogie de Christophe
- disciple de Töpffer, Georges Colomb dit Christophe
gardera plutôt le thème d'instruire sous le prétexte de distraire,
en 1889, début de la famille Fenouillard dans "le Petit Français Illustré",
ces histoires utilisent beaucoup les expressions de langage
(le jargon, les jeux de mots et les onomatopées)
- la technique du dessin est toutefois moins élaborée
que celle de Töpffer, Christophe évoluera sa bande dessinée
surtout dans le cadre de la presse enfantine

3) les garnements de Busch
- Wilhelm Busch (1832-1908), création de Max et Moritz en 1865
dans les "fliegende Blätter" qui inspireront la plus ancienne
des bandes dessinées encore vivantes: the Katzenjammer Kids,
grâce à Busch, la bande dessinée d'humour a acquis
une tonalité cruelle qu'elle ignorait


IV/ les pionniers américains

1) Swinnerton et la fable animale
- implantation de l'industrie de l'image aux USA
par la rivalité entre les deux magnats de la presse:
Joseph Pulitzer et Randolphe Hearst (représenté dans citizen Kane)
- première bande dessinée en 1892 dans le "San Francisco Examiner"
avec "little bear and tiger" de James Swinnerton,
précurseur dela féérie animale, chère à Walt Disney

2) Outcault et la bataille de la couleur
- première page en couleur pour la bande dessinée en 1893,
dernière difficultée, la couleur jaune est mise au point avec la bande de
"Yellow Kid" de Richard Outcault (1863-1928) en 1895

3) Rudolphe Dirks (1879-1968), père de la bande dessinée américaine
- Dirks fera de la bande dessinée durant 71 ans avec
"the Katzenjammer Kids" dès 1897,
dispute entre Dirks et Hearst, reprise de la bande par Harold Knerr,
Dirks passe chez Pulitzer avec sa bande dont le titre sera dorénavant:
"the captain and the kids",
guerre entre la King Features Syndicate et la United Features Syndicate

- le graphisme de Dirks et de Knerr ne se différence pratiquement pas,
seule différence: la mamma porte des boucles d'oreilles chez Dirks
et Knerr ajoutera par la suite de nouveaux personnages
- Dirks aura inventé la bande dessinée moderne
et aura été le promoteur de la série hebdomadaire de planches
en couleurs formées de cases disposées en plusieurs rangées
où reviennent les mêmes personnages et dont le texte est représenté
par les dialogues contenus dans des ballons

4) Mac Cay, l'enchanteur
- l'ironie dans la bande dessinée américaine aura été représentée
par Frederick Opper avec "happy hooligan" en 1899,
Mac Cay y apportera encore le rêve avec "little Nemo in Slumberland"
et son compagnon, le clown Flip

- Mac Cay aura abordé la bande dessinée comme esthète
en lui substituant la vision du peintre et les perspectives de l'architecte,
il brisera la routine du découpage par l'éclatement du cadre banal de l'image,
avec Mac Cay, la bande dessinée deviendra vraiment un art complet

5) Bud Fisher (1884-1954), inventeur de la bande quotidienne
- avec sa bande de "Mutt and Jeff" et "Cicero's cat"


V/ une thématique où "rien n'est vrai, tout est permis"

- apparition de nombreux journeaux
(Semaine de Suzette, l'Epatant, l'Intrépide) en France
- avec Tarzan, la première bande dramatique voit le jour
aux USA en 1929, plusieurs autres suivront
- aux USA la bande dessinée se développe grâce
à des impératifs économiques dont notamment ceux
de répondre aux aspirations de son public et d'autres
bandes dessinées de style différent voient le jour:
- le fantastique avec Mandrake, le magicien
- le réalisme, le combat contre l'injustice avec the Phantom
- le mélodrame avec the heart of Juliet Jones
- le policier avec Dick Tracy
- le western avec Bronc Peeler


VI/ Bécassine ou le temps retrouvé

1) de la comtesse de Ségur à la duchesse de Guermantes
- ces aventures naïves caractérisent toutefois les vertus naturelles:
l'optimisme, la générosité et la fidélité
- c'est le roman de la société (bourgeoisie) française de l'entre-deux-guerres,
très peu de place au prolétariat dans ces aventures à la comtesse de Ségur,
mais critique caché de l'actualité sociale et économique de l'époque
par la dégradation sociale de la marquise de Grand Air,
autre personnage principal de la bande de Bécassine
- Bécassine, c'est un peu la recherche du temps perdu

2) Pinchon et Caumery, précurseurs de l'école belge

- Joseph-Porphyre Pinchon (1871-1953), un artiste-peintre,
créé Bécassine en 1905 avec Jacqueline Rivière comme scénariste,
dans la revue "Semaine de Suzette"
- Bécassine sera un des rares personnages dont la personnalité graphique
(avec son costume breton) ne variera pratiquement pas durant l'histoire

- en 1913, Maurice Languereau (1867-1941) sous le pseudonyme
de Caumery reprend comme scénariste la série de Bécassine
et créera la "naissance de Bécassine"
en retraçant par la suite les origines de Bécassine,
avec Caumery, les historiettes de Bécassine deviennent
de solides récits complets, bien élaborés

- en 1927, Pinchon débutera vraiment sa carrière de dessinateur
de bande dessinée en créant d'autres séries telles que
Gringalou, Gilles du maquis et Suzel la petite alsacienne
- Pinchon ne changera pratiquement pas sa technique picturale,
il n'utilisera jamais le ballon, mais introduira parfois
un "médaillon-jumelle" pour agrandir ses personnages;
son oeuvre est dépourvu de dynamisme interne
(telles les distortions faciales comme utilisées
par Forton dans ses Pieds Nickelés),
Pinchon demeurera célèbre de par ses qualités artistiques


VII/ les Pieds Nickelés et le comique de la destruction

1) Forton ou le "Jules Berry" du dessin
- Louis Forton (1879-1934) créé les Pieds Nickelés
(= les pieds lourds à remuer)
avec Croquignol, Ribouldingue et Filochard en 1905
dans l'Epatant des frères Offenstadt,
suivra Bibi Fricotin dans le Petit Illustré en 1929,
repris plus tard par Pierre Lacroix
"les républiques passent, les Pieds Nickelés restent!"

2) une vision parodique de la Belle Epoque
- les Pieds Nickelés reflètent également l'actualité de leur époque
et le thème des grands voyages

3) Forton et le langage dessné
- sur le thème du comico-policier, le graphisme de Forton
est poussé vers l'optique cinématographique (profondeur de champ),
Forton utilise en partie aussi le ballon dans le langage des images,
mais généralement le texte, du moins au début, s'inscrit sous l'image,
il a su en outre fort bien assimiler la technique dramatique du feuilleton,
avec Bécassine, ce sera une bande qui aura assuré
la postérité de ses personnages


VIII/ Félix le chat entre l'obsession, la solitude
et la nostalgie du sommeil
- différence fondamentale entre Félix et Mickey: la mélancholie


IX/ Popeye ou le matelot venu par hasard

- Elzie Segar sera probablement le premier dessinateur de BD
à introduire la bande quotidienne (daily strips)
- bande célèbre, en autre, par la magnitude de ses personnages
dont Popeye, Olive, Mimosa, Wimpy = Gontran
et le Pilou-Pilou, animal presque extra-terrestre
- les rapports sociaux sont régis par une brutalité
quelque fois colorée de sadisme
- cette bande contribuera aussi à honorer la culture des épinards
dont les cultivateurs érigeront une statue à Popeye


X) Tarzan rencontre Michel-Ange

- Burne Hogarth sera l'un des 5 plus grands artistes
de la bande dessinée dramatique
(avec Chester Gould, Alex Raymond,Milton Caniff et Hal Foster)
- la pensée de Michel-Ange a marqué profondément l'oeuvre de Hogarth,
aucun élément surnaturel ne se dégage de la personne du seigneur de la jungle
si ce n'est une musculature vigoureuse mais sans hypertrophie

- au début, le montage des images se fait principalement en plan général,
c'est à dire sans gros plan ou contre-plongées,
ce sera une vision de peintre qui deviendra par la suite
unevision de cinéaste, le mouvement apparaissant
dès le second épisode de Tarzan et les boers,
mais surtout dans l'épisode des peuples du feu et de la mer
(la furie des éléments naturels)

- la dynamique de l'anatomie de Tarzan va aussi
se développer dans ces épisodes,
ce sera alors la vision du sculpteur par la fureur des corps,
à partir de là, Hogarth va aussi varier la perspective des images
en y ajoutant les plongées, contre-plongées et profondeurs du champ

- le décor des images illustrées par les éléments
(volcan, raz de marée, etc) prendront de plus en plus d'importance
à noter les décors végétaux avec fougères géantes et feuilles de palmier)
- Foster est la sérénité, Hogarth est le mouvement,
Foster ou le merveilleux romantique, Hogarth ou le merveilleux crispé
(voir le livre du même auteur: Tarzan ou le chevalier crispé)


XI/ Lucky Luke, un cowboy trop grand pour le cinémascope

- le héros complet du western avec son fidèle et intelligent compagnon,
Jolly Jumper, plus tard aussi Ran Tan Plan,
caricature peu flatteuse de Rin Tin Tin
avec un autre personnage tout aussi célèbre et bien représenté
dans les aventures de Lucky Luke: le croque-mort

- le personnage de Lucky Luke témoigne chez ses auteurs
de beaucoup de tendresse pour le western
et une connaissance érudite de ses lois et tics
ainsi qu'une remarquable virtuosité dans le maniement de l'humour,
parmi les meilleurs épisodes, notons: rails sur la prairie,
ruée sur l'Oklahoma et le juge

- les vilains: les frères Dalton, Billy the kid, Pat Poker, Phil de Fer,
les Dalton furent occis dès leur première aventure, mais leur succès
entraîna leur réapparition interposée par leurs cousins
qui leur ressemblent à s'y méprendre

- les aventures de Lucky Luke contiennent aussi de nombreuses
parodies en pastiches sur le western et également
une excellente application de la technique du cinéma
(cinémascope en autre) à la bande dessinée


XII/ entretiens avec Paul Gillon
- interview organisé par le fanzine "Giff Wiff"
- Gillon a été probablement inflluencé par la bande dessinée américaine,
il se présenta en 1947 à l'âge de 21 ans chez Vaillant

- différence de style entre les bandes hebdomadaires (action continu)
et les bandes quotidiennes (action plutôt brève),
Gillon préfère les bandes en noir et blanc
qui transfèrent plus de véracité au graphisme
(N&B au début des naufragés du temps, mais par la suite couleur!),
- Gillon serait plutôt spécialisé dans la bande dessinée dramatique
(telle que 13, rue de l'espoir cette fois entièrement en N&B)
mais avec une certaine prédilection pour la bande de science-fiction
- le but primordial d'un dessinateur de bande dessinée devrait être
de laisser aller son imagination par la passion
et par son inspiration exprimée dans son style


XXIII/ étude comparative des archétypes
de la littérature populaire et de la bande dessinée

- étude des techniques de diffusion de la bande dessinée:
1) la presse et les bandes quotidiennes ainsi qu'hebdomadaires
2) les brochures ou revues périodiques
3) les albums et éditions de luxe

- la bande dessinée, un produit qui doit satisfaireson public
1) dans le choix des thèmes et de la composition des héros
2) par l'identification du lecteur avec le héros dont
la personnalité est imposée à l'auteur par le lecteur
(courrier des lecteurs, critique, sondage)
3) transposer l'actualité en termes héroïques dans l'imaginaire
4) le thème majeur reste la llutte du bien contre le mal
5) le rôle du héros comme justicier indépendant
6) par l'importance de "l'uniforme" des héros
qui est l'insigne de leurs fonctions
7) par le voeu de chasteté, le héros étant le plus souvent célibataire
mais pouvant parfois avoir une fiancée attitrée
8) par la puissance du héros auquel s'oppose
généralement un adversaire de même puissance
9) par l'utilisation du temps pour l'évocation du passé
ou les conjectures du futur, exemple: le paradoxe temporel
10) par la dissolution du temps, le héros ne vieillissant pratiquement pas


XIV/ science-fiction et bande dessinée
à vingt millions d'images de la terre

- première bande dessinée de science-fiction
avec Buck Rogers par dick Calkins en 1929
- deux grandes bandes spécialisées:
Buck Rogers et Flash Gordon
(qui donnera plus tard aussi dans le fantastique),
- en Belgique, il y aura uniquement Blake et Mortimer de Jacobs,
en France: les pionniers de l'espérance,
Barbarella et les naufragés du temps ainsi que
Futuropolis de Pellos et guerre à la terre par Liquois,
en Italie: Saturne contre la terre de Scolari
et le magicien de la forêt morte par W. Molino

- trois autres bandes semi-spécialisées:
Connie, Brick Bradford et Mandrake
- Connie (Constance Kurridge) est la première héroïne
de science-fiction, Connie et Brick Bradford voyagent
dans le temps à la recherche de civilisations disparues alors que
Mandrake au scénario fantastique s'occupe de toutes sortes d'affaires
- si toutes ces bandes ont inspiré nombre d'autres dessinateurs,
Mandrake, d'inspiration délicate et très particulière,
est demeuré sans postérité

- quatre grandes sources d'inspiration en science-fiction:
le héros, la machine ou gadget, le voyage
et le délire poétique (l'incroyable, l'innatendu)
- la science-fiction est une tentative pour cultiver
l'imaginaire sous sa forme la plus exaltée


XV/ altération et transformation du héros de bande dessinée
dans la bande dessinée:
- le héros survit souvent à son créateur
- il est immuable, la fréquentation quotidienne
empêchant de discerner une altération progressive
- le héros semble être immunisé contre tout ce qui altère
ou disloque la personnalité humaine dans le monde réel

- toutefois quelques mutations soit morphologiques ou psychologiques
affectent le héros lors d'un changement de dessinateur
(Ray Moore et Sy Barry avec le Phantom),
certains héros peuvent aussi vieillir:
Terry (de 13 à 25 ans), Prince Valiant (de 13 à 40 ans)

- parfois un héros secondaire detrône le héros originel
pour devenir le héros principal
(Perry Winkle = Bigot remplace Winnie Winkle = Suzy);
Tintin fut aussi victime d'un rétrécissement de sa personnalité
au profit du capitaine Haddock,
le même sort pourrait toucher Astérix au profit d'Obélix,
Donald l'emporte sur Mickey dans la faveur du public

- le public joue donc aussi un rôle prépondérant
dans l'altération des héros, bien sûr les caractères des héros
subissent le changement de caractère des auteurs
- le public actuel semble plus se reconnaître
dans des personnages inadaptés, dérisoires ou torturés
que dans des héros sublimes et triomphants


XVI/ bande dessinée et racisme, le narcissisme de l'homme blanc

- le but de la bande dessinée est peut'être de s'évader
du réalisme quotidien qui n'est pas toujours très beau,
- critique de la violence propagée par la bande dessinée,
critique aussi du racisme

1) racisme en temps de guerre
- racisme contre l'Allemagne durant la première guerre mondiale
dans Bécassine et les Pieds Nickelés
mais c'est moins du racisme que de l'antipathie
- les héros de la bande dessinée américaine partent
au service de leur patrie contre l'ennemi commun,
même Tarzan partira en guerre contre les nazis!
- le fascicule Garry fait par contre de la guerre
dans l'après-guerre avec des histoires spécialisées e
t de peu d'intérêt, racisme ou sadisme?
- la guerre du Vietnam ne provoquera pas cet élan

2/ racisme en temps de paix
- racisme ethnique latent dans "bringing up father"
= immigrants irlandais mais Geo McManus était lui-même irlandais!
- le racisme antisémite de Hergé dans l'étoile mystérieuse (Blumenfeld)
- la bande dessinée américaine dut aussi supporter
la critique du surhomme blanc, Charlie Chan sera l'un des rares
personnages de "couleur" de la bande dessinée, souvent
le surhomme blanc aura toutefois un homme de couleur comme compagnon

- Tarzan sera un héros anti-colonialiste alors que le peau-rouge
sera un sujet de racisme dans la bande dessinée américaine
- mais en général, la bande dessinée ne fait pas plus de racisme
que la musique, le théâtre ou le roman


XVII/ passeport pour le rêve
- critique souvent non fondée de la bande dessinée,
le premier congrès internationalde la bande dessinée
à Bordighera en 1965 (Lucca)
fut une révolution en défendant la cause de la bande dessinée

- Barbarella de Forest fut longtemps sujet aux critiques
et même interdit durant un certain temps
- la bande dessinée remplit la tâche de compenser une vie vécue
bin équilibrée avec une vie rêvée, celle de s'évader dans l'imaginaire,
- la bande dessinée prépare aussi à la lecture,
c'est l'anti-chambre de la lecture (initiation)
- elle joue aussi le rôle d'un miroir (témoignage)
en mesurant l'évolution d'un thème comme l'humour ou les actualités
- comique de la destruction (les Pieds Nickelés)
- humour poétique (Felix the cat)
- satire sociale (bringing up father)
- humour absurde (Popeye)
- humour métaphysique (Peanuts)
- humour parodique (Lucky Luke, Astérix)

- plusieurs réalisateurs de film tels que Alain Resnais
et Federico Fellini se sont inspirés de la bande dessinée


XVIII cadrage et montage
1) les éléments d'un langage
- les images en montage s'appliquent au tant au cinéma
qu'à la bande dessinée,
il ne manque que le son à la bande dessinée

2) les cadrages
- le plan = l'élément de base
- le plan général ou plan d'ensemble
réunit tous les personnages et restitue le champ maximum
- le plan moyen qui isole des personnages vus en pied
et ne retient donc qu'un fragment du décor
(ce sera le plan le plus utilisé en bande dessinée)
- le plan américain cadre les personnages de la tête aux genoux
- le premier plan ou plan rapproché
cadre un ou plusieurs personnages de la tête au milieu de la poitrine
- le gros plan représente un détail du corps des personnages,
le plus souvent le visage ou isole un objet:
verre ou carafe, main tenant un revolver
- le plan de très grand ensemble montrant le héros minuscule,
le lointain d'une vallée ou d'une plaine
- le demi-plan général qui cadre les personnages de la têteaux chevilles,
montre une plus large étendue du décor s'il est nécessaire à l'action
- le très gros plan (un oeil blessé)
- la plongée et la contre-plongée donnent l'impression
que la caméra ou le spectateur sont placés légèrement
au-dessus ou au-dessous des acteurs et de l'action enregistrée

3) un langage inventé avant la naissance du cinéma
- le plan moyen sera le cadrage presque exclusif des récits en images
tels que les images d'Epinal,
Töpffer introduira quelques plans généraux, Christophe
par la suite utilisera de nouveaux montages pour les images

- la bande dessinée devance même le cinéma dans la technique
des cadrages et des montages, particulièrement pour le très gros plan
(en montrant par exemple, comme l'a fait Sy Barry, avec le Fantôme
se réflétant dans la pupille d'un hors-la-loi terrorisé à son approche)
- la bande dessiné comique - qui est plus sensible à l'évolution formelle -
est toutefois moins influencée par cette évolution technique

4) une syntaxe créatrice
- le montage peut aussi jouer le rôle d'un véritable procédé narratif
par le récit alterné en accélérant un mouvement
ou en rendant une action encore plus dramatique
(scènes brèves ou scènes longues = 2 cases ou allongement de l'image)

- 1 scène brève + 1 scène longue suggèrent le mouvement
- 2 scènes longues peuvent créer l'illusion du déplacement (travelling latéral)

- scène longue = plan général = description (l'intérieur d'une maison)
- scène brève= gros plan = action (un doigt vengeur)
- technique du champ et contre-champ (action opposé au plan),
création aussi de différents formats pour les images


XIX/ l'illusion dynamique par la manipulation de l'image

- dans la bande dessinée, la durée s'exprime de deux façons,
selon qu'elle mesure le temps statique ou le temps dynamique,
au cinéma, les déplacements de la caméra donnent lieu
aux mouvements suivants:
- le travelling-avant
on part d'un cadre large (plan général ou moyen)
pour aboutir à un cadre resserré (gros plan ou plan rapproché)
d'un personnage ou objet en direction duquel la caméra a avancé
- le travelling-arrière
c'est la situation inverse, la caméra en reculant
découvre un champ de plus en plus large
- le travelling-latéral = mouvement s'effectuant
de gauche à droite ou parfois de droite à gauche
- le panoramique circulaire
mouvement en arc de cercle, demi-cercle ou cercle complet

- la bande dessinée a trouvé également un équivalent graphique
à ces mouvements, exemples pratiques:
>> p. 364/365 un bon exemple de travelling-arrière
en contre-plongée (Tarzan par Hogarth en 1947)
>> p. 368/369 travelling latéral gauche-droite (Tarzan de Hogarth)
>> p. 371 panoramique vertical en contre-champ (Tarzan de Hogarth)
- Hogarth a particulièrement excellé dans le travelling latéral,
il choisira aussi souvent la contre-plongée pour souligner
une sensation d'infériorité ou d'angoisse


XX/ l'illusion dynamique par la manipulation de l'acteur
a) par les changements d'attitude (grimaces, roulement des yeux, etc)
b) par des chocs et des chutes
c) par décomposition du mouvement en phases successives
(exemple: plusieurs gestes sur la même image)
d) par la notion de discontinuité dans sa reconstitution
opérée à partir du choix de certaines phases
(un bon exemple en est fourni par Lucky Luke lâchant une bouteille,
dégainant, tirant, regainant et rattrapant la bouteille)
- le meilleur agent conducteur du mouvement chez Hogarth
et la nudité du corps de Tarzan, car elle permet d'étudier
le jeu du moindre muscle = l'onde dynamique
toutefois petite anomalie dans l'épisode de Tarzan et la cité de l'eau:
la nage sous l'eau ne peut s'effectuer par le crawl!
e) de nombreux idéogrammes suggèrent le mouvement
(petits traits parallèles derrière un personnage,
par exemple dans les aventures de Tintin)
f) en changeant le format des images
(longues lamelles horizontale ou verticales)


XXI/ l'expression graphique de la "colonne son", la parole

1/ les dialogues
a) l'expression formelle est exprimée par la bulle ou ballon
b) la diction (diversité des voix) est exprimée
par la différenciation dans les "écritures" des ballons
(exemple: par des caractères gothiques)
c) l'intensité
la bande dessinée dispose d'une véritable échelle
de traductions graphiques pour l'intensité de la parole, exemples:
- l'élévation de la voix correspond à un grossissement
des caractères du ballon
- les pensées sont exprimées dans un ballon en forme de nuage
d) les émotions disposent également d'une gamme
d'expressions graphiques
exemple: la peur représentée par un contour tremblé du ballon
e) la structure
- la surface des ballons étant restreinte,
elle suppose une contraction du langage,
la psychologie d'un personnage se révèle donc
plus par le comportement que par la parole
- il est aussi parfois difficile ou même impossible
à traduire des textes
(exemples avec Astérix ou Li'l Abner en une langue étrangère)
- dans les histoires par épisode, chaque épisode doit s'achever
par un suspense que le dialogue contribue à entretenir

f) la fonction onirique
- spécifique à la bande dessinée lorsque celle-ci
représente des animaux doués de la parole
(exemples: Milou et Jolly Jumper)

2) le commentaire
a) comentaire objectif
- le ballon est introduit actuellement dans presque
toutes les bandes dessinées, seuls subsistent quelques textes
commentaires dans des essais ou études historiques mis en images

b) intérieur à l'image
- les commentaires actuels se réduisent
à des phrases de liaison pour marque
- l'écoulement du temps (le lendemain matin)
- atténuer les effets de la discontinuité
(effet de préparation d'une action)
- accroître le suspense (effet de retardement)
- rafraîchir la mémoire du lecteur (résumé du chapitre précédent)
- présentation d'un nouvel épisode ou d'un héros

c) commentaire subjectif
- il s'agit avant tout d'un témoignage
(épisode de la vie passée d'un héros)

d) représentation graphique du commentaire
- le commentaire résumé figure toujours à côté du titre,
s'insérant dans une cartouche et se distinguant des "images vécues"
par un cadre fermé, non plus par des lignes droites,
mais entouré d'un tracé sinusoïdal (équivalent d'un flou)


XXII/ l'expression graphique de la "colonne son", musique et bruits

1) la musique
- le commentaire musical objectif n'existe pas dans la bande dessinée
a) la chanson
- se traduit par une écriture différente
(caractères obliques ou moins épais),
les plus célèbres chansons: les gammes de la Castafiore dans Tintin
et la rengaine de Lucky Luke
(I am a poor lonesome cowboy and a long way from home)

b) la musique subjective
- représentée graphiquement dans certaines bandes,
exemple: Charlie Brown dans "peanuts" qui a pris Beethoven comme idole
c) musique en surimpression
- dessins de portées musicales représentant des gammes
exemple: les bijoux de la castafiore

2) les bruits
- dans la bande dessinée, l'ambiance sonore n'existe pas,
chaque bruit jouissant d'une représentation graphique
(les bandes comiques se prêtant plus volontiers à cette technique)

a) identification phonétique représentée par les onomatopées
- rejet des onomatopées conventionnelles telles que
boum, cocorico, miam-miam, etc
- rajeunissement et réadaptation,
les cris sont l'objet d'une tentative de:
a) modulationt (Irmaaa au lieu d'Irma)
b) le rire (héhéhé ou hihihi)
c) la douleur (aaarh)
d) l'étonnement (aaah)
e) le baiser (smak)
- les auteurs recherchent de plus en plus à rajeunier
ou réadapter les onomatopées conventionnelles

- adoption de nouvelles onomatopées
la bande dessinée est un laboratoire de véritables créations
phonétiques, dictées par la recherche du réalisme
(exemple: piuuvvw pour le sifflement d'un obus avant l'éclatement)

- onomatopées et américanismes
la plupart des onomatopées sont d'origine américaine,
exemples: rrroaarr (du verbe anglais roar),
les bonnes bandes dessinées utilisent toutefois
les onomatopées de façon discrète,
critique du "franglais" dans l'étude de Bernard Chapeau

- classification des onomatopées
les onomatopées expriment des bruits produits par
a) les êetres vivants (hommes et animaux)
b) les engins de locomotion
c) les objets inanimés (tarte à la crème)
d) les collisions (domaine par excellence des onomatopées)
e) représentation graphique (bruits produits par l'image,
exemples: cacophonie ou vent violent)

- les idéogrammes
ce sont les ancêtres des onomatopées,
ils se traduisent par des étoiles, bougies ou petits oiseaux pour les chocs,
par une bûche traversée par une scie pour le sommeil,
par une ampoule électrique pour une idée

3) conclusion
démonstration que l'image et le son peuvent se concilier
dans la synthèse graphique de la bande dessinée


XXIII/ Alain Resnais et les bandes dessinées
- cinéaste, membre fondateur et vice-président du Celeg,
qui a été inspiré par la bande dessinée en tant que lecteur de l'Epatant,
puis des "Sunday News" où il découvre Dick Tracy
qui deviendra son personnage préféré, il découvre
alors l'importance du découpage dans la bande dessinée
qui - selon lui - réunit le cinéma, la peinture et le théâtre,
il rencontre aussi Remo Forlani et devient
un promoteur de la bande dessinée,
- toutefois Resnais refuse de mettre à l'écran la bande dessinée
qui est un art autonome et qui ne peut qu'être gravement altérée
par sa transformation en spectacle de cinéma
(n.b. ce doit en quoi il a parfaitement raison!)


XXIV/ Federico Fellini et les fumetti
- préfère aussi la bande de Dick Tracy, celle de Peanuts
et de Flash Gordon, son film "Giuletta degli spiriti"
s'inspire de la bande "happy hooligan" (en italien fortunello)
dessinée alors par Antonio Rubino
- tout ce qui survient dans l'enfance fournit à l'homme
les bases de sa vie (Fellini dixit)


XXV/ tableau chronologique des principaux auteurs
et personnages de la bande dessinée mondiale

- 1833, Suisse, R. Töppfer, monsieur Jabot
- 1837, Suisse, R. Töppfer, monsieur Vieux-Bois
- 1840, Suisse, R. Töppfer, doclteur Festus
- 1845, Suisse, R. Töppfer, monsieur Cryptogamme
- 1848, France, Nadar (Félix Tournachon),
vie publique et privée de mossieur Reac

- 1865, Allemagne, Wilhelm Busch, Max und Moritz
- 1889, France, Christophe (Georges Colomb),
la famille Fenouillard, le sapeur Camember
- 1892, USA, James Swinnerton, little bears and little tigers
- 1893, France, Christophe, le savant Cosinus
- 1896, USA, Richard Outcault, the yellow kid + Hogan's alley
- 1897, USA, Rudolph Dirks + Harold Knerr,
the Katzenjammer kids (Pim Pam Poum)
- 1899, USA, Frederic Opper, happy hooligan (Fortuné)

- 1902, USA, Richard Outcault, Buster Brown
- 1904, USA, Geo Mac Manus, the newly weds (les nouvomariés)
- 1905, France, J.-M. Pinchon, Bécassine
- 1905, USA, Winsor Mac Cay, little Nemo in Slumberland
- 1907, USA, Bud Fisher, Mr. A. Mutt
= Mutt and Jeff (Débrouillard et Tir-au-flanc)
- 1908, France, Louis Forton, les Pieds Nickelés
- 1909, Italie, Antonio Rubino, Pierino
- 1910, USA, George Herriman, Krazy Cat (in the family upstairs)
- 1912, Italie, Antonio Rubino, Lola et Lalla
- 1912, USA, Clifford Sterret, Polly and her Pals
- 1913, USA, Geo Mac Manus, bringing up father (la famille Illico)
- 1914, Angleterre, H.S. Foxwell, the bruin boys (les élèves de Mme Ourse)
- 1917, Italie, Sergio Tolano, Bonaventura
- 1918, USA, Reuben Goldberg, Boob Mac Nutt
- 1919, Angleterre, Austin Payne, Pip, Squeak and Wilfred
- 1919, USA, Elzie Segar, thimble theater (le théâtre du dé à coudre)

- 1920, USA, Martin Branner, Winnie Winkle, the breadwinner (Bigot)
- 1920, Suède, Oscar Jacobson, Adamson
- 1920, Angleterre, Mary Tortel, Rupert
- 1921, USA, Pat Sullivan, Felix the cat (the feline follies)
- 1923, France, Benjamin Rabier, Gédéon le canard
- 1924, USA, Harold Gray, the little orphan Annie
- 1924, France, Louis Forton, Bibi Fricotin
- 1924, Finlande, Ola Fogelberg,Pekka Puupa (Pierre tête-de-bois)
- 1925, France, Alain Saint-Ogan, Zig et Puce
- 1929, USA, Hal Foster, Tarzan of the apes
- 1929, USA, Dick Calkins, Buck Rogers in the 25th century
- 1929 Belgique, Hergé, Tintin et Milou
- 1929, USA, Elzie Segar, Popeye the sailor-man
- 1929, France, Jean de Brunhoff, Babar l'éléphant

- 1930, USA, U.B. Iwerks, Mickey Mouse
- 1930, USA, Brandon Walsh, little Annie Rooney
- 1930, USA, Chic Young, Blondie
- 1931, USA, Ham Fisher, Joe Palooka (Kid Patouillard)
- 1931, USA, Chester Gould, Dick Tracy
- 1932, USA, Lyman Young, Tim Tyler's luck
(Raoul et Gaston ou Richard le téméraire)
- 1932, Suisse, Robert Lips, Globi
- 1932, USA, Frank Godwin, Connie (Diane détective ou Cora)
- 1933, USA, Clarence Gray, Brick Bradford (Luc Bradefer)
- 1934, USA, Alex Raymond, Flash Gordon (Guy l'Eclair)
- 1934, USA, Alex Raymond, secret agent X-9
- 1934, USA, Alex Raymond, Jungle Jim (Jim la jungle)
- 1934, USA, Barks, Donald Duck
- 1934, France, André Daix, le professeur Nimbus
- 1934, USA, Leon Beroth, Don Winslow of the navy (Bernard Tempête)
- 1934, USA, Phil Davis, Mandrake the magician (Mandrake, roi de la magie)
- 1934, USA, Otto Seglow, the little king
- 1934, USA, Milton Caniff, Terry and the pirates
- 1934, USA, V.T. Hamlin, Alley Oop
- 1935, USA Allen Dean,
King of the royal mounted (le roi de la police montée)
- 1935, USA, Al Capp (Alfred Caplin), Li'l Abner et fearless Fosdick
- 1936, USA, Ray Moore, the Phantom (le fantôme du Bengale)
- 1937, USA, Hal Foster, Prince Valiant
- 1937, USA, Burne Hogarth, reprise de Tarzan
- 1937, France, André Pellos, futuropolis
- 1937, Italie, Rino Albertarelli, Kit Carson
- 1937, Italie, Giovanni Scolari, Saturno contre la Terra
- 1937, Italie, Cesare Avai,
Will Sparrow, pirata dell' Aria (Bill l'albatros)
- 1938, Italie, Walter Molino, Virus il mago della foresta morte
- 1938, Belgique, Robert Velter, Spirou
- 1938, USA, Joe Shuster, Superman
- 1938, Italie, Carlo Cossio, Dick Fulmine (Alain la Foudre)
- 1938, USA, Edward Kressy, the lone ranger
(l'homme masqué ou le roi de la prairie)
- 1938, USA, Alfred Andriola, Charlie Chan
- 1938, USA, Fred Harman, Red Ryder (le cavalier rouge)
- 1939, USA, Bob Kane, Batman (le justicier)

- 1941, USA, Jack Kirby, captain America
- 1942, USA, Crockett Johnson, Barnaby
- 1943, Belgique, Edgar-Pierre Jacobs, le rayon U
- 1943, USA, Alfred Andriola, Kerry Drake
- 1943, USA, Bugs (Ben Hardaway), Bugs Bunny
- 1944, France, Marijac, les 3 mousquetaires du maquis
- 1945, USA, Burne Hogarth, Drago
- 1945, France, Raymond Poïvet, les pionniers de l'espérance
- 1946, USA, Alex Raymond, Rip Kirby
- 1946, France, Raymond Cazanave, le capitaine fantôme
- 1946, France, André Liquois, guerre à la terre
- 1946, Belgique, E.-P. Jacobs, Blake et Mortimer
- 1946, USA, Walter Kelly, Pogo
- 1946, Belgique, Morris, Lucky Luke
- 1947, USA, Milton Caniff, Steve Canyon

- 1950, USA, Charles Schulz, the Peanuts Snoopy et ses copains
- 1953, USA, Stan Drake, Juliet Jones (Juliette de mon coeur)
- 1954, Belgique, Jijé, Jerry Spring
- 1956, USA, Jules Pfeiffer, Bernard Mergendeller
- 1957, France, André Franquin, Gaston La Gaffe
- 1957, USA, Mel Lazarus, miss Peach
- 1958, USA, John Hart, B.C.
- 1958, Belgique, Peyo, les Schtroumpfs
- 1959, France, Albert Uderzo (+René Goscinny), Astérix le gaulois

- 1962, France, Jean-Claude Forest, Barbarella
- 1963, France, Jean Giraud, lieutenant Blueberry
- 1964, USA, Brant Parker, Wizard of Id
- 1964, France, Copi (Raoul Damonte), la femme assise
- 1964, France, Paul Gillon, les naufragés du temps
- 1964, France, George Pichard, Tenebrax
- 1966, France, Guy Pellaert, Jodelle

XXVI/ évènements importants dans l'histoire de la bande dessinée,
30'000 ans avant Jésus Christ à 1971
(date à laquelle la bande dessinée entre à l'université de la Sorbonne)
>> voir fin du livre


>>> étude très approfondie de la bande dessinée des origines
à la technique, complémentaire à celle de Blanchard,
mais comportant moins d'illustrations
- l'historique de la bande dessinée est bien développé
avec des études fort intéressantes (bien que parfois
tirées en longueur comme Bécassine et le racisme),
mais la partie technique se révèle très instructive
(notamment le cadrage et le montage des images)
- les tableaux chronologiques en fin d'album sont
particulièrement de grand intérêt
- étude également psychologique de la bande dessinée
et il ne manque au fond qu'une meilleure représentation
graphique (illustrations), toutefois quelques omissions:
- 1934, USA, Will Gould, Red Barry
- 1934, USA, Fred Harman, Bronc Peeler
- 1940, USA, Will Eisner, the Spirit
- 1944, USA, Frank Robbins, Johnny Hazard
pour n'en citer que quelques uns

annexes
- couverture du livre
- portrait du Yellow Kid
- illustration de Little Nemo
- couverture d'un cahier Bibi Fricotin
- peinture rupestre (Lascaux)
- deux illustrations de William Hogarth

couvertures:
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