no 1 70 ans de BD, St-Ogan, Little Nemo, Terry

série: Phénix
éditeur: Serg
classement: carton37
année: 1966
format: broché
état: TBE
valeur: 15 €
critère: *
remarques: revue d'études sur la BD fondée par C. Moliterni, membre du SEP
(Société d'Edition Publique) et de la SOCERLID,
Société civile d'étude et de recherche des littératures dessinées
48 numéros d'octobre 1966 à janvier 1977
seuls les 20 premiers numéros sont collectionnés ici
avec en plus quelques nos isolés dont les suppléments

no 1 d'octobre 1966 avec
- 70 années de bandes dessinées
- Alain Saint-Ogan ou la science-fiction inconnue
- Little Nemo au Metropolitan museum
- Terry et les pirates, Steve Canyon et Male Call

n.b. contenu de la série Phénix:
bd américaine, italienne, franco-belge, etc avec des articles
consacrés à des auteurs et à des personnages,
de présentation excellente, cette revue, la 3ème du genre,
après Giff-Wiff et Ran Tan Plan est également l'une des meilleures
à noter, l'existence de trois numéros
no 1bis Tarzan avec 8 pages couleur, no 1bis Tarzan N&B et no 1bis normal
n.b. il existe aussi 13 nos suppléments de Phénix:
2x Tarzan, 3x Connie (Cora), 1x Scolari, 1x Le Rallic,
1x Molino, 2x Sydney Smith, 1x la patrouille des aigles,
1x Mac Manus, 1x Fontaine Fox (Toonerville Folks)

Information
Phénix, sous-titrée "revue internationale de la bande dessinée",
(d'abord bandes dessinées, science-fiction, aventure, espionnage)
est un périodique français d'étude de la bande dessinée,
de réédition patrimoniale et de pré-publication,
fondé en 1966 par Claude Moliterni et la Socerlid,
elle fait partie avec Giff-Wiff de la première vague de revues d'étude francophones,
à partir du no 28 (1973), Phénix est édité par Dargaud
qui en tire 30'000 exemplaires et le diffuse en kiosques,
la rédactionnel prend alors moins de place au profit de la bande dessinée,
son 48ème et dernier numéro est publié en 1977

Phénix débute comme un bulletin de liaison entre membres de la Socerlid
bans un style plus ambitieux que Giff-Wiff du début du club de la Bande dessinée,
Claude Moliterni, fondateur de la revue en est aussi l’esprit
sinon la lettre,
scénariste, rédacteur en chef, auteur de romans policiers
et de pièces radiophoniques, directeur de collection,
il est omniprésent dans la revue où ses articles
consistent essentiellement en comptes rendus de salon, d’exposition ou d’interviews,
la revue vit différentes phases au cours des années
et il est intéressant de les observer car elles suivent
– ou précèdent et influencent même parfois – l’évolution du genre,

Moliterni ne semble pas intéressé par une réelle analyse du médium BD,
ce serait plutôt la nostalgie et une certaine propension
à imposer ses propres créations qui semble être le moteur de son travail

dans les premiers numéros on trouve un article rétrospectif
des soixante-dix ans de la BD, signé Maurice Horn
et des articles sur Milton Caniff, Little Nemo, Alain Saint-Ogan,
Blake et Mortimer ou Alex Raymond,
ce n’est qu’à partir du numéro 8, fin 1968,
que la revue commence à s’intéresser à ce qui fait bouger la BD
en profondeur et dans le présent plutôt que dans le passé,
en publiant une interview de Marcel Gotlib
et un récit complet de Robert Gigi scénarisé par Moliterni

comme le fait remarquer Thierry Groensteen
(les cahiers de la bande dessinée no 62),
Phénix, en multipliant les articles sur Hergé (douze),
Edgar P. Jacobs (neuf) et Jacques Martin (cinq)
contribue à faire de ce trio des classiques
et maîtres incontournables de la bande dessinée européenne,
seul André Franquin égale ces trois-là en nombre d’articles parus (cinq également),
mis à part quelques petites notes de lecture,
pas un seul article de fond sur Astérix,
ainsi Phénix fait en quelque sorte la pluie et le beau temps
dans le monde de la bande dessinée, et ce, pendant des années

la revue s’est donc d’abord préoccupée de faire plaisir à ses membres,
certainement nombreux à être nostalgiques de leurs lectures de jeunesse,
avant de faire un vrai travail de défrichage et d’apport critique
sur le sang neuf qui bouscule les conventions,
les rôles entre les différents rédacteurs sont assez clairement définis,
visiblement selon leurs propres passions et intérêts,
et même si de jeunes membres amènent rapidement un ton nouveau
– surtout Jean-Pierre Dionnet qui est le premier à parler des Comics, de l’underground
et des super-héros américains dans la revue –,
les anciens sont là et continuent de disserter sur leurs héros personnels,
Henri Filippini, Yves Frémion, Numa Sadoul font aussi partie
de cette nouvelle génération de critiques et auront tous, plus tard,
des rôles importants dans le milieu de la BD.

Phénix démarre en 1966 avec un tirage de trois mille exemplaires
et passe à trente mille à l’époque où il est repris par Dargaud au numéro 28 en 1973,
ce changement d’éditeur entraîne un changement énorme dans le contenu
puisque la revue publie alors autant de bande dessinée que de rédactionnel,
cela provoque aussi un grand changement dans la perception
qu’a le public de la bande dessinée,
de nouveaux amateurs trouvent à leur disposition, en kiosque ou chez leur buraliste
des textes qui parlent sérieusement de leur passion,
les lecteurs vont pouvoir commencer à réfléchir sur celle-ci
et non plus seulement la consommer sans modération…
cette période de la revue n’est pas la plus intéressante sur le plan rédactionnel
mais son importance est capitale par cette diffusion étendue qui la sort du fanzinat

si Phénix n’est pas encore la revue d’études sur la BD
que seront les Cahiers de la bande dessinée période Groensteen ou 9ème art,
elle est tout de même une revue d’historiographe et d’analyse
qui a permis à de nombreux lecteurs de découvrir d’autres facettes d’un art qu’ils aiment,
Phénix a grandement participé à faire de la BD un genre admis et pris au sérieux,
et ce côté sérieux elle le doit essentiellement à Pierre Couperie
qui est de fait le premier vrai historien de la bande dessinée,
pointilleux sur la vérification des sources,
n’acceptant pas les erreurs de dates ou de noms
et qui veut relier la bande dessinée à l’histoire de l’art en général,
il explique ainsi dans Phénix 28 "rappelons cette règle d’or:
tout renseignement fourni par une agence, un éditeur, un journal, un auteur,
doit être tenu pour faux jusqu’à vérification,
neuf fois sur dix on s’aperçoit qu’il était effectivement faux…"
ce sérieux et ce côté méticuleux, d’autres vont le reprendre,
et le défrichage et l’archivage de données peuvent ainsi commencer
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