Cent Ans (la guerre de)

série: Histoire (Moyen-Age)
éditeur: Fayard
auteur: Favier Jean
classement: biblio506
année: 1996
format: broché
état: TBE
valeur: 10 €
critère: ***
remarques: l'histoire de la Guerre de Cent Ans
(1337 à 1453),
causes et origines, prémices à la guerre,
Crécy, Poitiers, l'anarchie, la reconquête
de Charles V avec Du Guesclin,
Armagnacs et Bourguignons, Jeanne d'Arc,
victoire avec Charles VII le Victorieux

>> une fresque historique monumentale
qui se lit comme un roman,
bien détaillée sur les affaires militaires,
sociales et économiques

1/ les causes et origines

a) en 1152, l'affaire de l'héritage
d'Alienor (ou Eleonore), duchesse d'Aquitaine
qui quitta son mari, Louis VII le Capétien,
roi de France pour rejoindre
Henri Plantagenêt, roi d'Angleterre, comte
d'Anjou et duc de Normandie
mais Henri, tout en étant roi d'Angleterre
restait toutefois vassal du roi de France
pour ses territoires en France

- avec le roi Saint-Louis, un traité
essaya de régler déjà les désaccords,
mais le duc-roi de Guyenne restait un rival
du roi de France

- à l'accession au trône de Philippe VI
(premier des Valois après
l'épisode des rois maudits),
celui-ci rappela au roi d'Angleterre,
duc de Guyenne, l'obligation vassalique,
mais Edouard III alors roi d'Angleterre
pouvait aussi faire valoir
son droit sur la couronne de France
de par sa mère Isabelle, fille de Philippe le Bel

- un hommage avec réserve fut consigné
à Amiens en 1329, toutefois il restait
toujours un objet de discorde

b) l'affaire de succession d'Ecosse,
les français soutenaient la révolte écossaire
et les anglais la révolte flamande,
dépendant de la laine anglaise,
l'économie flamande reposait sur l'industrie textile,
en 1323, insurrection de Bruges et
début de la révolte flamande
- Philippe VI intervient en Flandre,
victoire de Philippe VI contre les insurgés
de Bruges, mais il avait dû céder de son
autorité à ses barons dont le comte de Flandre

c) l'affaire des brus (belle-filles)
du roi Philippe le Bel:
- Marguerite de Bourgogne, mariée à Louis X
- Jeanne d'Artois, mariée à Philippe V
- Blanche d'Artois, mariée à Charles IV
et à la mort de Charles IV,
dernier fils de Philippe le Bel,
il reste deux prétendants à la couronne de France
- Philippe de Valois, fils
de Charles de Valois et neveu de Philippe le Bel
- Edouard III, petit-fils de Philippe le Bel par Isabelle
- les barons français ne veulent toutefois
pas d'un roi étranger et trop puissant,
ils choisissent donc Philippe de Valois
sous le motto: "les lis ne filent pas"

n.b. c'est une expression qui se réfère au
principe de masculinité, ce dernier
consacre que seuls les hommes
peuvent accéder au trône et ils sont
les seuls à pouvoir transmettre le pouvoir

d) l'affaire de l'héritage de Navarre
- à la mort de Charles IV, Philippe VI
de Valois devient roi de France,
mais il n'aura pas d'héritier mâle,
Philippe, comte d'Evreux
(fils de Louis comte d'Evreux,
qui lui est le frère de Philippe le Bel
et Charles de Valois),
Philippe d'Evreux est donc aussi parent à
Philippe le Bel et en mariant
Jeanne de Navarre, fille de Louis X,
leur fils Charles d'Evreux dit Charles le Mauvais
deviendra roi de Navarre et aussi
prétendant à la couronne de France

- entretemps, à Charles IV, le dernier capétien
succédait Philippe VI, le premier des Valois

e) l'affaire de l'héritage d'Artois
- à la mort de Robert II d'Artois et de
son fils Philippe (mort avant son père),
c'est la soeur de Philippe:
Mahaut d'Artois qui reprend la succession
au détriment de son neveu,
Robert d'Artois, fils de Philippe
- délaissé par Philippe V et Charles IV,
Robert d'Artois est soutenu par Philippe VI
mais l'Artois reste à Mahaut

notes
en 1303, le mari de Mahaut, le comte
Othon IV de Bourgogne meurt des blessures
reçues à la bataille de Courtrai contre les Flamands,
Mahaut veuve et son fils Robert de Bourgogne,
âgé de 3 ans, succède à son père
sous la régence de sa mère,
toutefois le fils de Mahaut, Robert,
meurt à l'âge de 15 ans en 1315
et la première fille de Mahaut,
Jeanne II de Bourgogne, hérite du comté de Bourgogne
- en 1316, Robert III d'Artois organise
une insurrection du comté d'Artois contre Mahaut
qui fait face à la mort de Mahaut en 1329,
sa fille aînée, Jeanne, lui succède
dans le comté d'Artois,
soupçonné de l'avoir empoisonnée,
son neveu Robert III d'Artois s'enfuit
et se réfugie en Angleterre, où il soutient
les prétentions du roi Édouard III
à la couronne de France, d'où découlera la
guerre de Cent Ans

il faut distinguer les deux Bourgogne:
1/ le comté de Bourgogne ou Franche-Comté,
capitale Besançon
la comtesse Jeanne II de Bourgogne
(héritière des comtés d'Artois et de Bourgogne)
devient reine de France par mariage
avec le roi Philippe IV de France
et ramène les comtés de Bourgogne
et d'Artois sous l'influence royale,
malgré cela le comté de Bourgogne
reste une terre d'Empire

2/ le duché de Bourgogne, capitale Dijon
- souverains: Eudes IV (1315-1349), puis
Philippe Ier de Bourgogne,
dit Philippe de Rouvres (1349-1361)
est duc de Bourgogne, comte de Bourgogne,
d'Artois, d'Auvergne et de Boulogne
- en 1361, le duc Philippe de Rouvres meurt sans héritier,
le roi de France Jean II le Bon récupère le duché
et l'octroie à son fils Philippe le Hardi en apanage
qui en prend officiellement possession le 2 juin 1364,
celui-ci, grâce aux manœuvres diplomatiques
de son frère, le roi Charles V,
reçoit le comté de Flandre par son mariage
avec Marguerite III de Flandre
et ce sera Charles le Téméraire qui sera le
dernier souverain de Bourgogne-Flandre


f)) la marche à la guerre
- Edouard III, pour préserver la paix intérieure,
envoie ses barons guerroyer en France
et Philippe VI recherche la guerre par besoin d'argent



2/ prémices à la guerre
les différences entre la France et l'Angleterre
à cette époque:

a) la politique
le roi de France est suzerain, mais le roi
d'Angleterre est contrôlé par le Parlement,
population: 15 mio en France, 3,5 mio en Angleterre

b) l'économie
- dans les deux pays, les limites
d'extension sont atteintes,
l'urbanisation est plus poussée en France,
Bordeaux, Rouen et Toulouse rivalisent
avec Paris qui reste la première ville d'Occident
- apparition du bocage (= clotûre
= individualisme paysan) dans l'ouest

- le commerce est prospère, les banquiers
toscans tiennent le haut du pavé parisien,
mais la technologie stagne encore

c) les conditions sociales/la nourriture
- le concubinage est préféré au mariage,
les garçons restent souvent célibataires,
les bourgeois s'en tirent mieux, on épouse
la veuve plutôt que la jeune fille (par intérêt)
- le blé reste la base de la nourriture,
le poisson (hareng saur)
et le porc (saloir) font le reste,
le vin a encore une fonction calorifique

d) l'industrie
- après une période prospère, la récession se fait sentir,
l'industrie, par excellence, du XIIIème siècle
est la draperie de laine (les tisserands)
dont la production est freinée par la tradition
- le drap de soie (plus fin et plus léger, produit en Italie)
commence à remplacer le drap de laine (plus lourd)
- la fiscalité municipale et la églementation
corporative entravent aussi la production
- c'est l'époque du marchand-fabricant
(futur capitaliste) qui contrôle
les matières premières, le produit fini et le financement
- la concurrence du drap de Florence reste très grande
et les marchés sont déséquilibrés ce qui
influence le flux des monnaies

e) les routes du commerce
- ouverture des cols du Saint-Gothard,
Brenner et Simplon,
la route d'Italie pour le Nord passe
maintenant par l'Allemagne,
la route du Valais par le Grand-St-Bernard
perd beaucoup de son importance
- Paris devient la place financière de l'Europe
et le plus grand marché de consommation,
la navigation maritime s'améliore notamment
par l'Atlantique, mais la marine française
est dépassée par les marines italiennes,
anglaises et hollandaises plus novatrices,

Bruges devient le centre de distribution de
l'Europe du Nord (c'est la Venise du Nord),
Gibraltar aura tué les foires de Champagne

f) la crise de la seigneurie
- suite à l'inflation de 1100 à 1300,
le denier (tenure du revenu foncier)
a perdu 2/3 de sa valeur
- le corvéable est un homme qui doit
un certain type de travail
durant un certain temps, mais pas à la tâche
(2 jours de labour et non 30 sillons),
le rendement du paysan sur sa terre est donc
meilleur que celui pour le seigneur,
le paysan et l'artisan commencent
à racheter leurs corvées
grâce à l'argent qui perd sa valeur
- le seigneur délaisse la terre pour
se tourner du côté des services
(guerre, administration, etc),
le paysan riche (fermier ou métayer) renforce sa position
en rachetant les terres des seigneurs (lottissements)

n.b. métayer = personne qui prend à bail
et fait valoir un domaine (métairie)
sous le régime du métayage (cultiver une terre
en échange d'une partie de la récolte



3/ une guerre mal engagée
- en 1337, l'évêque de Lincoln apporte à
Philippe VI la rupture de l'hommage
prêté à Amiens, c'était en fait
une mise en cause de la succession
à la couronne de France
et une déclaration de guerre
- première offensive: Edouard III interdit
l'exportation de laine anglaise
vers la Flandre et favorise le Brabant

a) la course aux alliances
- Flandre, Brabant et Hainaut (Edouard III
est le gendre du comte de Hainaut
en épousant Philippa de Hainaut),
Louis de Bavière se joint à Edouard III
qui se croit tout permis et rappelle même
ses ambassadeurs auprès du pape
- Philippe VI réussit toutefois à s'allier
aux Gênois et à Alphonse XI de Castille

b) les armées
- l'armée n'est maintenant plus levée mais recrutée
(une solde est payée à des professionnels
ou mercenaires), mais il y a aussi la
possibilité de recevoir une promotion sociale

c) les ravages de la guerre
- les échanges sont paralysés,
le soldat coûte cher (réquisitions),
Edouard III est défavorisé car il doit
transporter son armée sur le continent
(coûts de transport élevés),
un autre handicap est la "remonte"
(consommation de chevaux par chevalier
= 2 à 3 par chevalier)
- Edouard jouit toutefois d'une supériorité:
une infanterie efficace avec de bons archers
(l'arc est moins précis que l'arbalète mais plus rapide)

d) la guerre de Flandre
- l'alliance avec la Flandre,
c'est la tête de pont d'Edouard III
qui met en tenaille le roi de France
entre la Flandre et la Guyenne
- entretemps, c'est la guerre d'attente
et seule la flotte française
obtient quelques succès sur les côtes
anglaises et flamandes
- Edouard III occupe cependant la Flandre
et s'y fait nommer roi de France et d'Angleterre

e) l'Ecluse
- une flotte française prend position
au large de Bruges le 24.6.1340,
l'un des plus grands combats navals de
l'histoire (?) commence:
200 navires avec env. 20'000 hommes de chaque côté
- les français n'ayant pas choisi la
meilleure position ne peuvent pratiquement
pas manoeuvrer,
les anglais sont victorieux et gagnent
la maîtrise de la mer, mais la victoire
d'Edouard III est stérile
- une trève est conclue à Esplechin le 25.9.1340


4/ la chevauchée d'Edouard III
- la guerre reprend en 1345,
Jean de Montfort, duc de Bretagne,
demande l'aide d'Edouard III,
la Flandre offre sa souveraineté au fils
d'Edouard III: le Prince Noir,
mais avec la mort de leur allié flamand, Artevelde,
les anglais abandonnent la Flandre

- Edouard III débarque en Cotentin le 12.7.1346
alors que ses capitaines lancent
une offensive en Périgord,
prises de Saint-Lô et de Caen par Edouard III
qui arrive dans les environs de Paris,
Edouard ne veut pas de Paris,
son but reste Reims pour y être couronné,
il se dirige donc vers Boulogne et Calais,
Philippe VI se lance alors à sa poursuite
et manque de peu l'armée anglaise en retraite,
celle-ci réussira in extremis à gagner la région du nord
grâce à un gué indiqué par un noble prisonnier

a) Crécy
- Edouard est néanmoins acculé et prend
position sur les hauteurs de Crécy,
façe à l'armée française supérieure en
nombre, les français à peine arrivés
commencent la bataille sans ordre ni organisation
- les arbalétriers gênois sont décimés par
les archers anglais,
la chevalerie française donne la charge

b) le désastre
- la chevalerie française est à son tour
décimée par les archers et l'infanterie anglaise
bien établie sur ses positions,
c'est la défaite et fuite de Philippe VI
- en Guyenne, les anglais avancent jusqu'à Poitiers,
fort de sa victoire, Edouard III
met le siège devant Calais, après un siège
de 11 mois, Calais devient ville anglaise
(l'histoire des six bourgeois de Calais)

c) les comptes
- Edouard III ne peut toutefois plus
rembourser ses dettes et cause la faillite
de deux comptoirs financiers florentins:
les Bardi et les Peruzzi
- Philippe VI sort de la guerre ébranlé
et la France plonge dans une crise politique


4/ un royaume divisé
- Philippe VI est plus chevalier que roi,
il n'est pas entouré de conseillers
à la hauteur des évènements,
Mile de Noyers en est le conseiller principal,
c'est un homme prudent et avisé,
mais qui ne vent pas prendre de risques

a) l'affaire de succession de Bretagne
- Jeanne de Penthièvre, nièce de
Jean III de Bretagne, en est l'héritière,
son rival était Jean de Montfort (demi-frère
puiné de Jean III en deuxième mariage)
- Jean de Montfort réussit à enlever les
principales places fortes de Bretagne
et s'allie avec Edouard III
- Jean de Normandie, fils de Philippe VI
lance une offensive
et fait prisonnier Jean de Montfort

- Montfort, prisonnier, Jean de Normandie
croyait avoir régler la question de Bretagne,
mais il avait sous-estimé les vertus de
Jeanne de Flandre, comtesse de Montfort,
femme de Jean de Montfort
contre Jeanne de Penthièvre:
ce fut la guerre des 2 Jeanne,
à travers celle-ci, ce fut à nouveau la
guerre entre Edouard III et Philippe VI

n.b. puiné: qui est né après un
de ses frères ou une de ses soeurs

- Montfort, mort en 1345, Jeanne, sa femme,
sombrant dans la folie,
Edouard III devient le tuteur de leur fils Jean IV
et continue une guerre d'escarmouches,
Crécy en fut la suite alors que Derby
tient la Guyenne et Thomas Dagworth
s'occupe de la Bretagne
- c'est durant cette guerre que se
distinguent des hommes d'armes
tel que Bertrand Du Guesclin
>> p. 139 la guerre des trente

b) la Normandie
- depuis sa conquête par Philippe-Auguste
sur Jean-sans-Terre en 1204,
la Normandie est française,
mais elle est encore anglo-normande
de par le patrimoine réparti de part et
d'autre de la Manche

c) les premiers états généraux
- en 1343, le trésor est vide,
de nouveaux impôts sont levés,
on réforme la monnaie (revalorisation)
et on essaye d'introduire un impôt direct
(le fouage)
- trop de serviteurs du roi s'étant enrichis,
les finances sont aussi réformées,
il y aura dorénavant la chambre des comptes
et le grand conseil du gouvernement financier
siégeant séparément

d) les princes
- à la suite de Crécy, de nouvelles
alliances se forment:
Charles de Luxembourg devient le nouvel
empereur du Saint-Empire romain-germanique
et s'allie avec la France
- l'affaire de l'héritage de Navarre rebondit
et le fils de Philippe VI, le futur
Jean II le Bon se sent menacé
>> p. 148 le jeu des mariages
dont Charles d'Evreux, roi de Navarre
(Charles le Mauvais) fera les frais,
entretemps, Jeanne de Navarre,
épouse de Philippe d'Evreux, roi de Navarre,
gouverne la Navarre de main ferme

e) Jean II
- en 1350, Jean II devient roi de France,
il sera surnommé le Bon parce qu'il est
généreux avec l'argent des autres,
mais il sera surtout incertain
(un dépressif à l'esprit toujours inquiet)
- mal conseillé, il donnera en outre le comté
d'Angoulême à son favori, Charles d'Espagne,
spoliant une deuxième fois Charles de Navarre
- le 8.1.1354 un parti de navarrois
assassinent Charles d'Espagne, alors connétable,
Charles le Mauvais commence à négocier
avec Edouard IV, le Prince Noir
- l'affaire sera réglée au traité de Mantes (1354),
mais tout le monde est déçu, la vraie guerre
de Cent Ans allait pouvoir commençer


6/ les chevaliers de l'Apocalypse

a) la mort
- on était vieillard à 50 ans
dans le monde de cette époque
- le barbier et le guérisseur
sont les médecins d'alors, l'hygiène manque,
le nettoyage urbain est pratiquement inexistant,
les maladies pullulent,
mais la lèpre est en régression
- en hiver 1347/1348, la peste,
venue d'Orient, se déclare

b) bilans démographiques
- la peste fauche 1 habitant sur 10,
il meurt un homme sur trois,
elle subsistera sporadiquement jusqu'en 1500,
la peste deviendra l'un des symboles
des quatre cavaliers de l'apocalypse
avec la guerre, la famine et la mort

c) massacres et médecins
- les marginaux (mendiants et juifs) sont
rendus coupables du fléau de la peste
alors que médecins et guérisseurs
font des affaires en or

d) les flagellants
- la mortification physique tourne au
spectacle collectif, le sang qui coule
des blessures des flagellants
est comparé à celui du Christ
- les flagellants mettent en danger
l'ordre établi, on frôle l'hérésie
notamment avec les fraticelles = petits frères,
la familiarité avec la mort donne naissance
aux "danses macabres"

n.b. les fraticelles étaient des franciscains
qui prônent le mépris de la richesse et
qui évoluent dans l'insoumission et l'hérésie

e) de la peste à la crise
- l'économie est affectée par la crise
de la main-d'oeuvre qui se manifeste
par une hausse des salaires, les prix montent
et l'inflation en est la conséquence
- le paysan est le plus touché, il y a
sous-production, les terres sont laissés en friche
et ce sera le début de la Jacquerie,
la guerre aggravera encore la crise


7/ Poitiers

a) la Jarretière et l'Etoile
- la vieille chevalerie s'est transformée
en un ordre social,
une nouvelle chevalerie est créée avec
l'ordre de la Jarretière
(honni soit qui mal y pense) par Edouard III
et avec l'ordre de l'Etoile par Jean II
>> p. 183/186 commentaires sur la chevalerie

b) l'armée du roi Jean
- Jean le Bon organise un contrôle
des effectifs et de l'armement,
la solde n'est malheureusement pas indexée
et le soldat, qui perd son pouvoir d'achat,
reste mécontent

c) le Prince Noir en Languedoc
- Edouard III confie à son fils, le Prince Noir,
l'opération de revers dans le sud-ouest de la France,
Edouard IV, prince de Galles, duc de Cornouailles
et comte de Chester a alors 25 ans
- il part à l'offensive dans le sud-est contre Jean d'Armagnac,
le Prince Noir arrivera jusqu'à Toulouse et dans le Languedoc,
puis tout aussi vite qu'il est venu, il se retire en Guyenne
- dans le nord, des raids sont déclanchés depuis Calais

d) les états généraux
- la monnaie s'effronde et les prix montent toujours,
Jean le Bon a toutefois besoin d'argent
et convoque les états généraux,
un impôt est levé sur toutes les ventes,
le bourgeois Etienne Marcel et ses amis
ont la haute main sur les affaires
- Robert le Coq, évêque de Laon, tente,
avec l'aide du roi de Navarre,
d'opposer le dauphin Charles à son père Jean le Bon,
celui-ci sent le piège et pour plaire à son fils,
lui accorde le duché de Normandie

e) le coup de force de Rouen
- nouvelle tentative de Robert le Coq
pour renverser Jean le Bon, mais
celui-ci devance les conspirateurs
en arrivant avec une troupe d'hommes en armes
chez son fils à Rouen où les conspirateurs
sont rassemblés
- Charles le Mauvais est arrêté,
Jean d'Harcourt est exécuté

f) la crise financière
- le prévot des marchands de Paris,
Etienne Marcel, commence à se dresser
façe à l'autorité du roi,
dévaluation de la monnaie

g) Lancastre en Normandie
- le Prince Noir a charge de la Guyenne
alors que la Normandie incombe à son frère cadet:
le duc de Lancastre et que Edouard III
gouverne depuis l'Angleterre
- Lancastre effectue à nouveau une
chevauchée = guerre d'escarmouches
- siège de Breteuil où l'armée française est immobilisée
alors que le Prince Noir ravage à nouveau le Languedoc

h) la chevauchée du Prince Noir
- celui-ci gagne par la suite les pays de la Loire
en essayant de faire jonction avec les
troupes de Lancastre
- l'armée française lance une offensive
et le Prince Noir se trouve coupé
de ses arrières en Guyenne,
c'est le début de la bataille de Poitiers
- le Prince Noir accepte de traiter
mais Jean le Bon refuse une paix
qui lui serait nuisible

ij) la bataille
- Jean le Bon fait sortir le dauphin du
combat et entouré de ses barons
dont son plus jeune fils, Philippe le Hardi,
futur duc de Bourgogne, qui se couvrira de gloire,
Jean engage la bataille le 19.9.1356
- les anglais commençent par refuser le combat,
une première charge de la cavalerie française
est décimée par les terribles archers anglais,
l'infanterie française charge sans discipline
sur un mauvais terrain
- les anglais finissent par encercler
la troupe de Jean le Bon,
courageux mais imprudent,
le jeune Philippe combat au côté du roi
"père, prenez garde à gauche, prenez garde à droite"
- finalement, Jean le Bon est fait prisonnier
par le maréchal de Warwick


8/ le royaume décapité

a) la défaite
- prisonnier dans son propre pays,
Jean le Bon était résigné mais non abattu,
Charles, dauphin de Viennois,
duc de Normandie, prend la succession
comme lieutenant du roi, puis en 1358
comme régent de France

b) Etienne Marcel
- déjà l'un des plus riches bourgeois de Paris,
il devient aussi le représentant qualifié
des intérêts communs des parisiens,
il sera, suite à l'affaire de succession
de son beau-frère, Pierre des Essarts,
l'adversaire obligé de Charles le régent

c) les états de 1356
- Etienne Marcel demande déjà des réformes,
allié à Charles, roi de Navarre,
et avec l'aide de Robert le Coq, évêque de Laon,
il s'oppose au pouvoir royal
- il demande au dauphin Charles
une part du pouvoir politique
et devient alors le chef d'un mouvement politique

d) les états de 1357
- la monarchie est mise sous contrôle,
mais le dauphin tient encore tête à E. Marcel

e) la rentrée du Navarrais
- Charles le Mauvais réussit à s'évader d'Amiens
avec la complicité du gouverneur de l'Artois,
il reprend ses droits sur la Normandie,
- confrontation entre Etienne Marcel et le dauphin

f) l'assassinat des maréchaux
- émeute à Paris menée par Etienne Marcel,
assassinat des deux maréchaux du roi
- Etienne Marcel devient le protecteur du dauphin
(avec déjà le chaperon rouge et bleu de la révolution)

g) le dauphin et la province
- Charles quitte Paris et fort de l'appui
de Jean le Bon et des nobles,
il tente de soulever la province contre Paris
- la confrontation avec Etienne Marcel se poursuit

h) la Jacquerie
- révolte des paysans (les Jacques Bonhomme)
en mai 1358, causée par le "champart"
= fixation d'un loyer en nature par le seigneur
ce qui lui permet de prélever le meilleur d'une récolte
- le mot d'ordre des Jacques: "tuez les nobles"

ij) le Navarrois contre les Jacques
- Charles le Mauvais prend la tête
de la noblesse et défait les Jacques
- Etienne Marcel, allié à la révolte paysanne,
perd sa popularité

k) la fin d'Etienne Marcel
- suite à une série de revers,
la populace se détourne d'Etienne Marcel
en faveur du dauphin, Etienne Marcel est
assassiné lors d'une échaffourée

l) une victoire inespérée
- la tutelle de la monarchie venait d'avorter


9/ la France dépecée

a) l'anarchie
- si la révolution était mâtée à Paris,
la guerre contre l'anglais continuait,
chevauchée de Robert Knolles,
un ancien tisserand à la solde des anglais,
de Bretagne en Bourgogne
- la résistance du régent Charles s'organise
avec l'aide du chevalier Bertrand Du Guesclin
et autres patriotes tel le "Grand Ferré"
>> p. 267/268 l'histoire du Grand Ferré

b) les préliminaires de Londres
- en 1359, siège de Melun, occupée
par les troupes du roi de Navarre, allié aux anglais
- traité de Mantes entre les deux Charles
- Jean le Bon, entretemps, était toujours
en captivité "dorée" en Angleterre
alors que Charles n'était pas pressé de
libérer son père contre rançon
- Edouard III gardait toutefois ses prétentions
sur la plus grande partie du royaume de France
et soumettait un traité en conséquence
que le régent refuse, la guerre reprenait

c) la chevauchée d'Edouard III
- débarquement en 1359 d'Edouard III à Calais,
mais celui-ci n'a plus les moyens de faire la guerre,
le siège de Reims est manqué et Edouard III
se tourne vers la Bourgogne
où Philippe de Rouvre est obligé de traiter avec lui
- le régent use son adversaire en évitant
les batailles rangées
et en livrant une guerre d'escarmouche

d) traité de Bretigny (mai 1360)
- Edouard III garde la grande Aquitaine mais
renonce à l'Anjou et à la Normandie,
toutefois il demande de nombreux otages
ce qui décapite la noblesse française
- Edouard ne devra plus faire
hommage au roi de France,
mais abandonnera ses prétentions
sur la couronne de France
- la rançon de Jean le Bon est fixé

e) traité de Calais
- entre Edouard III et Jean le Bon,
le 13.12.1360, Jean le Bon rentre à Paris
- l'affaire des otages:
le jeune Louis d'Anjou, fils de Jean le Bon,
otage à Calais prend la fuite, Jean le Bon
prend alors "pour l'honneur" la place de son fils,
mort de Jean le Bon le 8.4.1364


10/le temps des compagnies

a) traité de Guérande (Bretagne)
- guerre en Bretagne par le duc de Lancastre
où se distingue Bertrand Du Guesclin,
une tentative de paix est ébauchée par Jean IV
(fils de Jean de Monfort et Jeanne de Flandre),
allié des anglais et entre Charles de Blois,
époux de Jeanne de Penthièvre, allié des français
pour un partage de la Bretagne,
mais Jeanne de Penthièvre
qui se considère comme seule héritière,
n'en veut pas
- mort de Charles de Blois,
le dauphin Charles, devenu Charles V,
impose à Jeanne le traité de Guérande (1365)

b) l'héritage de Bourgogne
- à la mort du duc de Bourgogne,
Philippe de Rouvre, mort sans héritier,
Jean le Bon fait valoir son droit sur
l'héritage de Bourgogne
- à la suite de quelques différends,
Jean le Bon accepte de marier
Marguerite de Flandre,épouse de Philippe de Rouvre
à Philippe le Hardi, frère de Charles V
qui devient alors le suzerain
de Philippe le Hardi, mais Charles de Navarre
conteste l'héritage et reprend la guerre
en s'alliant à l'anglais

c) Cocherel
- Charles V nomme Du Guesclin pour mener
les opérations contre le Navarre,
Du Guesclin s'empare des places fortes
du roi de Navarre en région de Seine
- Charles de Navarre réplique en envoyant
une armée commandée par Jean de Grailly,
capitaine et captal de Buch
= seigneur en gascon,
l'un des plus grands seigneurs gascons
- bataille de Cocherel où Jean de Grailly est battu
- entretemps, le 19.5.1365,
Charles V était sacré roi de France
et faisait la paix avec Charles le Mauvais

d) les compagnies
- des compagnies (troupe d'environ 100 hommes
commandée par un capitaine)
errantes, mises au chômage dévastent la France

e) l'expédition de Castille
- pour se débarrasser de ses compagnies,
Charles V imagine une expédition
(genre de croisade) hors des frontières
- Pierre le Cruel, roi de Castille,
était l'appât rêvé, on décida de le remplacer
par Henri, comte de Transtamare,
demi-frère de Pierre le Cruel
- Charles V y voyait aussi son profit
contre Charles le Mauvais
- Charles V nomme à nouveau Du Guesclin,
chef de la croisade en Castille
et par la même occasion lui confie le soin
de sortir du royaume les compagnies
- la Catalogne est atteinte en janvier 1366,
le Prince Noir s'allie alors à
Pierre le Cruel et à Charles le Mauvais,
Du Guesclin est battu à Najera en août 1367

f) les erreurs du Prince Noir
- l'Aquitaine s'agite suite à une mauvaise
administration par le Prince Noir,
Jean d'Armagnac et Renaud de Pons se rangent
alors du côté de Charles V

g) les appels gascons
- le roi de France accepte de soutenir
les nobles gascons,
la révolte anti-anglaise prend de l'ampleur,
Bordeaux reste fidèle à la couronne d'Angleterre
mais 800 villes et bourgs d'Aquitaine
dont Rodez se déclarent soumises au roi de France

h) rupture du traité de Calais
- fort de sa position, Charles V se prépare
à nouveau à la guerre, une offensive
française se déclanche au même moment
en Normandie et en Guyenne, Edouard III
doit diviser ses troupes
- Edouard III reprend alors ses droits
sur la couronne de France,
Jean de Lancastre prend la défense de Calais,
il fera plus tard exécuter le fils du Prince Noir:
Richard II, le dernier des Plantagenêt
et le petit-fils de Lancastre, Henri V
deviendra roi d'Angleterre et de France

n.b. descendants d'Edouard III (1312-1377)
- 1er fils: Edouard Woodstock dit le
Prince Noir, prince de Galles (1330-1376),
le fils du Prince Noir: Richard II
règnera de 1377 à 1400 date à laquelle
il sera exécuté par Jean de Lancastre,
il n'aura pas eu de descendant
- 2ème fils d'Edouard III: Lionel,
duc de Clarence (1338-1368),
qui n'aura qu'une fille Philippa,
mariée à Edmond Mortimer
- 3ème fils d'Edouard III:
Jean de Gand, duc d'Aquitaine (1340-1399),
marié avec Blanche de Lancastre
qui eurent comme 4ème fils:
Henri de Bolingbroke de Lancastre qui deviendra
roi sous le nom d'Henri IV (1400-1413)
après avoir exécuté Richard II
(ce sera probablement la cause
de la guerre des Deux-Roses),
le fils de Henri IV de Lancastre
deviendra le roi Henri V (1413-1422)

- du côté français, Charles V, en mariant
son frère, Philippe le Hardi de Bourgogne
à Marguerite de Flandre contribuera un siècle
plus tard à former l'état du Téméraire


11/ la reconquête de Charles V

a) le coût de la guerre
- le calcul des impôts, remise en état
des fortifications et de l'armée

b) projets de débarquement
- une invasion de l'Angleterre est mise à l'étude,
la marine royale française est renforçée

c) la chevauchée de Lancastre
- nouveau débarquement, cette fois anglais,
à Calais, courtes échaffourées sur le sol français
qui coûteront cher au trésor royal anglais

d) la guerre sur mer
- la flotte royale tient tête aux anglais,
bataille de La Rochelle
où une escadre anglaise commandée par
Pembroke est battue par la flotte castillo-
française commandée par l'amiral Boccanegra

e) chefs et soldats de la reconquête
- la nouvelle stratégie de Charles V:
l'occupation lente mais systématique
des places fortes et consolidation,
Charles V n'y prend pas beaucoup de gloire,
mais il regagne son royaume grâce aussi à
l'appui de fidèles capitaines tels que:
- Du Guesclin, devenu connétable de France
- Olivier de Clisson
- Jean de Vienne, amiral de la flotte
- Hue de Châtillon, maître des arbalétriers
- Louis d'Anjou, frère aîné du roi
et lieutenant-général

- l'armée de Charles V devient une armée de métier
avec hommes d'armes et hommes de trait (arbalétriers)
- l'artillerie à poudre se développe,
mais surtout l'armée est maintenant
directement sous l'autorité du roi

f) l'offensive française
- la reconquête dura quatre ans,
mais fut décisive, toutefois Limoges
fut reprise par le Prince Noir
et livrée au pillage (massacre de Limoges)

g) Robert Knolles
- la chevauchée de Knolles dans le nord de la France
qui fut plutôt un raid de pillage organisé
- la troupe de Knolles sera finalement mise
en déroute par Du Guesclin

h) le répit de 1371
- à contre-coeur, le roi de Navarre doit
s'accomoder avec le roi de France
(traité de Vernon)

ij) l'année décisive 1372
- occupation du Poitou, Angoumois, Saintonge
et de Poitiers par les troupes de Du Guesclin,
plus tard, ce sera le tour de La Rochelle qui
allait devenir le port de l'Aquitaine
- décembre 1372, soumission
des barons poitevins à Charles V

k) diversions
- faible contre-attaque d'Edouard III,
traité de Westminster
avec la Bretagne de Jean IV
- campagne de Du Guesclin en Bretagne
- chevauchée misérable de Lancastre
depuis Calais à Bordeaux

l) la trêve de Bruges
- sous l'hospice du pape Gregoire XI,
un nouveau traité de paix est signé
- mort d'Edouard III en 1377 alors
que son fils aîné, le Prince Noir,
était mort en 1376,
son fils Richard II était alors un enfant de 12 ans
et l'homme fort du royaume était Jean de Lancastre,
un homme au talent limité qui fut vite
relégué à l'arrière plan (mais qui deviendra
Henri IV en exécutant Richard II)

m) liquidations
- la guerre se stabilise, Charles le Mauvais
complote à nouveau et Du Guesclin occupe
les places navarraises en Normandie
- le duc de Bretagne, Jean IV, est jugé pour félonie
et le parlement décrète la confiscation du duché,
mais les bretons s'unissent contre la
couronne de France et la conquête
de la Bretagne ne peut se faire
- en 1381, toutefois, un nouveau
traité de paix est signé qui rendait
le duché de Bretagne à Jean de Montfort
(Jean IV de Bretagne)
qui acceptait de faire hommage au roi de France
(second traité de Guérande)
- mort de Du Guesclin le 13.7.1380
devant Château-de-Randon
- en 1387, mort de Charles le Mauvais
après avoir subi de nombreux revers politiques

n) nouvelles préoccupations
- le 16.9.1380 mort de Charles V,
le schisme s'établit dans la chrétienté
avec un pape romain, Urbain VI à Rome
et un pape français, Clément VII à Avignon
- Jeanne d'Anjou à Naples adopte Louis d'Anjou,
frère de Charles V, comme successeur


12/ les fruits amers de la guerre

a) querelles de prince
- la France et l'Angleterre sont affaiblis
- en Angleterre, c'est la lutte interne,
entre les gens du Prince Noir et ceux de Lancastre
- en France, Louis d'Anjou prend la régence
puis abandonne le pouvoir à Philippe
de Bourgogne pour se rendre à Naples,
le dauphin Charles VI est tenu à l'écart
par les princes royaux
- mariage en 1385 de Charles VI
avec Isabeau de Bavière
qui se révèlera une femme énergique

b) explosions politiques
- révoltes urbaines en Languedoc
et révolte en Flandre (1379)

c) la révolution flamande
- Bruges, plaque tournante du commerce
en Europe du Nord n'est en fait qu'un petit
port médiocre et ne sert donc que
médiocrement la ville industrielle de Gant,
rivalités entre les villes flamandes
- Philippe Van Artevelde s'emploie à réduire
la rivalité de villes qu'opposaient
des intérêts extérieurs, Artevelde est nommé
capitaine de la commune de Gant
et s'empare de Bruges par la force
- de fait, à l'automne 1382, Artevelde
gouverne la Flandre

d) les travailleurs anglais
- l'Angleterre supporte mal le fardeau
financier nécessaire pour garder
le duché de Guyenne qui dépense
plus qu'il ne rapporte
- la révolution des travailleurs s'étend en Angleterre,
menée par John Ball et Wat Tyler
- Richard II réussit à étouffer la rebellion
grâce à une armée dirigée par Robert Knolles,
mais l'affaire aura été chaude

e) les français contre le fisc
- résistance aux levées d'impôts,
fureur populaire contre les juifs
(sur les prêts sur gage)
- l'affaire de la révolte de Rouen

f) les Maillotins
- nouveaux troubles à Paris, les révoltés
se saisissent de maillets à plomb
entreposés à l'hôtel de ville
(d'où leur surnom),
- ceux-ci prennent exemple
sur le mouvement de Artevelde

g) la répression
- croisade de l'ost royal en Flandre
pour en assurer l'obédience,
Artevelde se tourne vers l'Angleterre,
mais Charles VI écrase les flamands
à la bataille de Roosebeke où Artevelde trouve la mort
- de retour en France, Charles VI intervient
comme justicier à Paris
où il fait règner la terreur,
de nombreux parisiens payèrent de leur vie
la crainte que Paris avait inspiré au pouvoir royal,
la prévôtée des marchands est dissoute

h) les Tuchins
- les conditions sociales misérables
en Languedoc causent une émeute
- insurrection de Béziers avec
le mouvement des Tuchins
= sur la touche = sur la lande = maquisard),
Jean de Berry organise la répression des Tuchins

ij) la croisade anglaise en Flandre
- l'autorité des deux papes
(le parti urbaniste = Urbain
contre le parti clémentiste = Clément)
se combattait sur le terrain de Flandre
- le 17.5.1383, l'armée anglaise débarque en Flandre,
défaite anglaise

k) Philippe le Hardi, comte de Flandre
- à la mort du comte de Flandre,
Louis de Male, c'est Philippe le Hardi
qui devient comte de Flandre,
la Bourgogne s'agrandit de la Flandre
- alliance avec la maison Wittelsbach de Bavière,
Philippe le Hardi marie sa fille
avec le comte Guillaume d'Ostrevent,
héritier du Hainaut et de la Hollande
alors que Isabeau de Bavière épouse Charles VI

l) les Marmousets
- Charles VI devient roi et affermit son
autorité en nommant ses conseillers
parmi des bourgeois (à la place de la noblesse)
ce qui leur valut le surnom de
"Marmousets" (petites gens = barbous)
- Louis de Touraine, bientôt appelé
Louis d'Orléans, unique frère du roi,
devient une personne influente
comme maître du conseil



13/ Armagnacs et Bourguignons

a) les ambitions de Louis d'Orléans
- Louis d'Orléans est plus intéressé
aux affaires d'Italie qu'à ceux de Flandre
- continuation du grand schisme
= lutte des deux papes

b) rivalités autour d'un roi fou
- Charles VI commence à être affecté
de crises de folie lors d'une expédition
en Bretagne, les nobles prennent le pouvoir
et chassent les "Marmousets"
- les ducs d'Anjou, de Berry (états
méridionaux de France) et de Bourgogne
(avec la Flandre et la Normandie) gouvernent
et ont comme adversaire Louis d'Orléans,
frère du roi qui fait fonction de gérant,
mais qui s'entoure de luxe et de plaisirs
au lieu de s'occuper des affaires de l'état

- Isabeau de Bavière convole avec Louis d'Orléans,
le vrai maître de France est alors
Philippe le Hardi, duc de Bourgogne
- nouvelle trève avec l'Angleterre,
Isabelle, fille de Charles VI épouse
Richard II, roi d'Angleterre,
Philippe le Hardi s'allie avec Richard II
alors que Louis d'Orléans cherche alliance
avec le duc de Derby, fils du duc de Lancastre
qui prend la place de Richard II sous le nom d'Henri IV

c) la soustraction d'obédience
- réforme de l'Eglise, on essaie de démettre
le pape d'Avignon par "cessions"
( = soustraction d'obédience) de l'Eglise de France
- en 1398, le clergé français vote
l'ordonnance retirant au pape
l'obédience de l'Eglise de France,
- début du Gallicanisme et de la Réforme
- en 1403, l'obédience au pape Benoit XIII
d'Avignon est toutefois rétabli

d) les princes, la réforme et le trésor
- Jean Jouvenel est nommé nouveau
prévôt de Paris par les marchands,
Louis d'Orléans veut rétablir l'ancien prévôt,
Philippe de Bourgogne se pose en réformateur
et protecteur de Jouvenel
- en 1404, à la mort de Philippe, son fils
Jean sans Peur, devient duc de Bourgogne,
rivalité entre Louis d'Orléans et Jean sans Peur

e) assassinat de Louis d'Orléans
- en 1407, Louis d'Orléans est assassiné à
Paris, le duc de Bourgogne est soupçonné,
mais si le duc de Bourgogne sera reconnu
comme l'instigateur de l'attentat,
il sera loué par le peuple pour s'être débarrassé
d'un duc d'Orléans, cupide et extravagant
- Charles d'Orléans, fils de Louis,
entre en conflit avec Jean sans Peur
et trouve son soutien dans le midi de la France
avec le comte Bernard d'Armagnac qui devient le chef
du parti armagnac qui remple le parti orléanais
Charles d'Orléans épouse
Bonne, fille du comte d'Armagnac
- la cour et la noblesse seront connus
sous le parti armagnac
alors que Jean sans Peur, s'appuyant sur le peuple,
sera connu sous le parti bourguignon

f) les parisiens
- problèmes avec la corporation des bouchers,
Jean sans Peur se fait leur allié
et gagne la population à sa cause,
affrontements avec les armagnacs

g) le retour des anglais
- les bourguignons s'allient à nouveau avec
les anglais contre les armagnacs,
puis les anglais passent au parti armagnac
en échange d'un duché d'Aquitaine
(traité d'Eltham en 1412)

h) les états de 1413
- critique au roi et à la noblesse
pour la dilapidation du trésor royal

ij) les Cabochiens
- émeute menée par Caboche, l'écorcheur
avec l'appui de la corporation des bouchers,
les flamands s'allient avec les parisiens
- réformes (retour juridique aux bons usages)
de l'état par l'ordonnance "cabochienne"
- accord de Pontoise entre Berry et Bourgogne

k) la réaction armagnaque
- rebellion contre la dictature des bouchers,
les armagnacs font leur rentrée à Paris,
début de la terreur armagnaque,
Jean sans Peur se retrouve isolé et fait
à nouveau alliance secrète avec les anglais


14/ un royaume légué

a) la conquête anglaise
- à la mort d'Henri IV en 1413,
Henri V règne sur l'Angleterre
avec son frère Jean, duc de Bedford,
son but: reconquérir les terres perdues
à Charles V et la couronne de France
- à cet effet, il demande à épouser
Catherine, fille de Charles VI
mais en fait l'anglais cherche la guerre
- le 11.8.1415, Henri V embarque à Portsmouth
et débarque à Harfleur
(tête de pont pour la Normandie)
qu'il occupe, puis il se rend à Calais,
Jean sans Peur n'intervient pas et reste neutre

b) victoire d'Azincourt sur les français
(25.10.1415)

c) la domination bourguignone
- Jean sans Peur reconnait Henri V
comme roi de France,
en 1417, Henri V débarque à nouveau et
s'empare de Caen
- Jean sans Peur s'allie avec la reine
Isabeau et s'empare de Paris,
le dauphin Charles VII (qui allait devenir
le roi de Bourges) s'enfuit,
il ne devait revoir Paris que 19 ans plus tard
- massacre des armagnacs

d) l'alliance anglaise
- Cherbourg est occupé, Rouen est assiégé
et occupé également,
le pouvoir royal français est divisé
entre le dauphin (centre ouest et midi de la France)
et entre la reine Isabeau (est et nord de la France)
- paix avec Henri V qui reçoit
la Normandie et l'Aquitaine

e) l'impossible réconciliation
- tentative d'alliance entre
Jean sans Peur et le dauphin,
Jean sans Peur est poignardé lors d'une
négotiation à Montereau,
son fils Philippe le Bon s'allie avec les anglais

f) le traité de Troyes
- en 1420, accord de Troyes,
Catherine de France épouse Henri V,
celui-ci devient le beau-fils de Charles VI
et devient aussi héritier de la couronne de
France (par droit du souverain)
- le dauphin était spolié et devenait un bâtard
- le 31.8.1422 mort de Henri V avant la mort
de Charles VI en octobre,
et tout est remis en question
- Jean de Bedford, frère de Henri V,
devient régent pour Henri VI
(âgé de 10 mois, fils de Henri V
et de Catherine de France)


15/ les trois France

a) division territoriale et clivages politiques
- royaume de Charles VII, royaume d'Henri VI
(régi par Bedford)
et état de Bourgogne (par Philippe le Bon),
c'est l'un des moments les plus sombres
de l'histoire de France
- de plus, existent les états semi-indépendants
de Bretagne (Jean V) et de Foix (Jean de Grailly)

n.b. la Haute-Navarre fut conquise en 1512
par le royaume d'Aragon et fut annexée
en 1516 dans l'actuel royaume d'Espagne
tandis que l'autre partie (Basse-Navarre),
restée indépendante, fut unie à la couronne
de France à partir de 1589
d'où le titre de "roi de France et de Navarre"
inauguré sous le règne d'Henri IV,
mais la Basse-Navarre était déjà indépendante
depuis l'accession de Thibaut III
de Champagne (1179-1201)
devenu roi de Navarre suite à son mariage
avec Blanche de Navarre, fille de Sanche VI
de Navarre et Béatrice de Castille,
descendants des Navarre d'Espagne

- en outre, Jacqueline de Bavière
(qui hérite du Hainaut et de la Hollande
par son ex-mari le duc de Brabant,
mort sans descendance mâle) épouse
Humphrey de Gloucester, régent d'Angleterre,
Bedford force Gloucester à renoncer
à la conquête du Hainaut
et le pape casse le mariage,
Philippe le Bon reprend alors à son compte
l'héritage de sa cousine Jacqueline
- Paris profite du commerce avec le nord au
détriment du commerce avec le midi,
Paris est alors plus bourguignon que français
(de Charles VII)
>> p. 462 Paris compte alors 100'000 habitants

b) l'occupation
- Henri VI est considéré roi de France
par le droit du souverain (Charles VI)
à disposer de la couronne alors
que Charles VII n'est considéré,
de par son droit de succession, que
comme le roi d'un parti (armagnac)
et son pouvoir politique reste faible

c) le roi de Bourges
- le dauphin est toutefois déjà roi
de par la loi de lignage,
mais pas encore par la loi du sacre,
malgré tout la cour du dauphin se porte mieux
que la rumeur le fait croire
- Charles VII épouse en 1422 Marie d'Anjou
et la mère de celle-ci, Yolande d'Anjou,
domine le roi, les armagnacs sont écartés,
nomination de Arthur de Richemont,
frère du duc de Bretagne, comme connétable
- Georges de la Trémouille devient conseiller
du roi, puis prend la place de Richemont,
Trémoille devient alors le tout-puissant
favori du roi et une ère de troubles
s'étend autour du roi
- en 1424, trêve de Chambéry entre
Charles VII et Philippe le Bon,
on recherchait aussi un compromis avec les
anglais et l'arrivée de la Pucelle
allait faire croire à une ultime tentative
des armagnacs pour ranimer la guerre

d) l'équilibre des faiblesses
- difficultées économiques
de la France de Bedford

e) l'insécurité
- la situation économique n'est pas
beaucoup meilleure chez Charles VII,
mais elle se redresse quelque peu malgré
l'insécurité et le poid d'une fiscalité de guerre
- conflits entre les princes provinciaux et pyrénéens,
Jean Ier de Foix assure sa suprématie
dans le Languedoc
- essor des échanges, Jacques Coeur développe
ses affaires en Méditerranée

f) l'armée du roi de Bourges
- réorganisation de l'armée, normalisation de l'arbalète,
Charles VII recrute et paye des mercenaires,
on fait toutefois plus rapidement carrière
dans les antichambres du roi,
mais celui qui veut se battre à tous les droits
- les cadres anciens ont éclaté, quoi
d'étonnant à ce que la même année,
une paysanne lorraine parvienne à se faire
confier des hommes d'armes

g) la guerre indécise
- Charles VII met sur pied l'armée de la reconquête,
il est battu en 1424 à Verneuil-sur-Avre
sur le chemin de Reims, mais il résiste
au siège du Mont Saint-Michel
- la décision par les anglais de passer
la Loire est prise en 1428,
siège d'Orléans par Suffolk et John Talbot,
1429 l'affaire des harengs
>> p. 491 la réponse de Bedford à la
proposition de Philippe le Bon
de prendre à sa charge la reddition d'Orléans:
"je serais bien courrouçé d'avoir battu les
buissons pour que d'autres
dussent avoir les oisillons"
- Orléans prise, la route de l'Aquitaine et
du Languedoc était ouverte aux anglais,
la Guyenne anglaise ne serait plus isolée,
le royaume de Bourges serait anéanti


16/ Jeanne d'Arc

a) les voix
- Jeanne d'Arc, née en 1412, dans le village de Domrémy
dont le capitaine Robert de Baudricourt était responsable
- après avoir été reçue par le duc Charles de Lorraine,
Jeanne est conduite au roi de France, le dauphin Charles VII,
Jeanne est reconnue comme envoyée de Dieu par les docteurs

n.b. l'épopée de Jeanne aurait été
un plan organisé par Yolande d'Anjou
de se servir d'une jeune fille pour faire
croire à une envoyée de Dieu
"la conspiration de Jeanne", hypothèse de Messadié:
la réalité est pourtant tout autre que celle
enseignée dans les livres scolaires,
seuls les amateurs de l'imagerie d'Epinal
pourraient croire encore que
"la petite bergère" qui entendit des voix
sut revêtir une armure le jour même
de son arrivée à Chinon, chez le Dauphin Charles,
et défaire le duc d'Alençon en tournoi singulier,
elle était en réalité la demi-soeur de Charles VII,
la falsification des documents officiels
a été démontrée,

Messadié, réputé pour son esprit iconoclaste,
a reconstitué la véritable histoire
de ce personnage hors du commun,
car l'admiration pour l'héroïne n'exclut
aucunement la recherche historique,
dans ce premier tome, tout en faisant revivre
le quotidien de l'époque,
l'auteur démontre que Jeanne ne fut jamais
bergère, mais très tôt préparée à sa mission
par les héritiers des Templiers,
les Chevaliers de Sion,
ainsi s'expliquent, par exemple,
sa maîtrise de la langue et l'assurance avec
laquelle elle interpelle maints grands
personnages dont le duc de Bourgogne lui-même,

la femme la plus puissante de France,
Yolande d'Aragon, future belle-mère du roi Charles VII,
la fit enlever au berceau afin de préserver
la dynastie des Valois
que menaçait d'exterminer le redoutable
Jean sans Peur, duc de Bourgogne,
Jeanne parvint à rendre son courage au
Dauphin que ses parents,
un roi atteint de démence et une reine
notoirement dévergondée,
avaient désavoué au profit des Anglais
pour prétendue "bâtardise"
car la puissante organisation financière
bâtie par les Templiers trois siècles plus tôt
et dont Yolande d'Aragon était la cheville
centrale, exerçait toujours son influence...
(ceci n'est bien sûr qu'une théorie soulevée
par certains auteurs dont Messadié)

b) Orléans
- les premiers compagnons de Jeanne:
le duc d'Alençon, Poton de Santrailles,
Guy de Laval, Gilles de Rais,
Etienne de Vignolles dit La Hire,
Jean de Breuil et Ambroise de Loré
- le 8.5.1429 Bedford et Talbot lèvent
le siège, Orléans était libérée

c) le temps des victoires
- à Orléans, le signe de ralliement des
français avait été donné,
l'anglais avait reculé devant une femme,
le surnaturel fait irruption dans la guerre,
ne serait-ce que par le respect
de Jeanne par ses soldats
(aucune moquerie, aucun appel charnel)
- Jeanne s'attire toutefois aussi de la rancune:
a) par le conseiller de Charles VII,
La Trémouille qui se sent supplanté
b) par l'archevêque de Reims parce
que la Pucelle parle "au nom de dieu"
- la guerre contre l'anglais continue,
John Talbot est fait prisonnier,
Charles VII se fait sacrer à Reims le 17.7.1429

d) le temps des échecs
- trève de Compiègne entre
Charles VII et Philippe le Bon
qui permet à Charles VII d'investir Paris,
mais l'assaut sur Paris échoue lamentablement
- le parti de la guerre (Jeanne d'Arc) est
mis alors quelque peu à l'écart
- le seul gagnant dans l'affaire fut le duc de Bourgogne
qui faisait la balance entre Charles VII et Henri VI
- création de l'ordre bourguignon de la Toison d'Or

e) Compiègne
- Jeanne part soutenir la ville
de Compiègne ralliée à Charles VII,
lors d'une sortie, Jeanne est capturée
par Jean de Luxembourg
qui cède Jeanne aux anglais pour 10'000 livres
- Charles VII ne cherche pas à payer
rançon pour Jeanne,
au fond, la capture de Jeanne
arrange tout le monde
et le seul responsable de son malheur,
c'était elle-même avec son parti de guerre
- les anglais de leur côté veulent sacrer
Henri VI roi de France,
mais la route de Reims leur est fermée

f) Pierre Cauchon, évêque de Beauvais
- Jeanne est accusée d'hérésie
>> p. 515 description de Pierre Cauchon
- Cauchon, tout en étant le valet des
anglais, est sûr de son droit,
tout autant d'ailleurs que l'est Jeanne d'Arc

g) le procès
- le tribunal siège le 9.1.1431 avec les juges
Jean d'Estivet, Pierre Cauchon et
le dominicain Jean le Maître,
les chefs d'accusation:
aa) les "voix" de Jeanne, preuve de
possession venant de l'enfer
bb) l'emprise de Jeanne sur le roi de France
cc) le port de vêtements masculins
dd) Jeanne se tient hors des règles
posées par l'Eglise

h) vers le bûcher
- le 23.5.1431, le jugement est prononcé,
Jeanne commence par se soumettre,
accepte de mettre une robe de femme et
est condamnée à la prison perpétuelle,
mais elle se rétractera par la suite et
le tribunal la déclarera relapse
en la condamnant au bûcher,
le 30.5.1431 Jeanne est brûlée


remarques
a) jusqu’au dernier moment,
le roi Charles VII n'est pas intervenu
pour délivrer Jeanne alors qu’elle
l'avait aidé à accéder au trône,
25 ans plus tard, un second procès,
organisé par Charles VII sur la demande de
la mère de Jeanne et du pape Calixte III,
casse le jugement et réhabilite Jeanne d’Arc,
elle est ensuite canonisée en 1920 par Benoît XV

b) par la suite il y eut de nombreuses fausses Jeanne
(dont la Jeanne des Armoises),
car la rumeur persista que ce n'était pas
la vraie Jeanne qui fut exécutée


17/ le retournement

a) un sacre à Paris
- Henri VI est sacré roi à Paris le 16.12.1431
mais la plupart des pairs de France
(y compris le duc de Bourgogne) sont absents
- la cérémonie est un échec
et humilie maladroitement les parisiens
- à la même période, Philippe le Bon et Charles VII
concluent une nouvelle trève de six ans à Lille

b) la résistance
- les coups de main contre l'anglais se multiplient,
une alliance de Bedford
avec le duc de Bretagne échoue,
les partisans de Yolande d'Anjou
éliminent le favori du roi: La Trémouille,
Paris se tourne lentement, mais sûrement
du côté de Charles VII
- révolte en Normandie, les anglais sont
de plus en plus considérés comme des occupants

c) le traité d'Arras
- les français de Charles VII s'emparent
de Saint-Denis, aux portes de Paris
- échec des négotiations franco-anglaises à Arras,
le 14.9.1435 mort de Bedford,
Philippe le Bon pardonne l'assassinat
de son père Jean sans Peur après
amende honorable par Charles VII,
c'est la paix franco-bourguignonne
- Charles VII avait perdu de son amour-propre,
mais il avait sauvegardé sa légitimité
de roi de France

d) Charles VII à Paris
- blocus et conquête de Paris par Charles VII
qui accorde l'amnistie générale à la population
mais la dépression économique règne dans la ville

e) les serviteurs de la monarchie
- réconciliation des armagnacs et des bourguignons

f) la Praguerie
- les princes se rebellent contre le roi,
première coalition avec Bourbon et Alençon,
complot avec le jeune dauphin Louis XI
et les ducs de Bourbon, d'Alençon
et de Bretagne à qui s'est joint La Trémoille
- le complot est surnommé "la Praguerie"
par rapport au soulèvement de Bohème
contre Sigismond de Luxembourg
- les villes de France prennent toutefois
cause pour le roi, celui-ci pardonne
en partie aux conjurés et un accord est conclu

g) reprise de la conquête
- poussée française sans lendemain
jusqu'aux environs de Bordeaux
- la guerre se poursuit en 1439/1440
contre l'anglais sans grand succès


18/ le temps des Ecorcheurs

a) la duperie de Nevers
- le duc d'Orléans et le duc de Bourgogne
complotent à nouveau,
Charles d'Orléans s'allie avec la Bourgogne
en épousant Marie de Clèves
- entretemps, des troupes débauchées,
appelées les écorcheurs,
ravagent les campagnes de France
- les ligueurs se réunissent à Nevers,
le roi a connaissance du complot
et les rejoint à Nevers, mémorandum du roi
- mort de Jean V de Bretagne et succession
par son frère, François Ier
- à Nevers, Charles VII réussit à contraindre
les ligueurs et à les rallier de nouveau
à son sillage politique

b) la journée de Tartas
- l'armée royale pousse son effort vers la Guyenne,
entrée du roi à Toulouse en 1442,
Charles VII arrive à nouveau
dans les environs de Bordeaux
mais ayant dispersé ses forces,
il ne peut porter un assaut concentré sur Bordeaux
- toutefois l'armée royale occupe une par une
les forteresses d'Armagnac et en 1444,
les anglais de Guyenne étaient seuls
façe au roi de France

c) les Ecorcheurs
- ce sont les petits-neveux des routiers
de la Grande Compagnie
>> p. 566 description des écorcheurs
et d'un des plus célèbres:
Rodrigue de Villandrando

- le pillage effectué par les écorcheurs
a comme cause:
- que ces soldats débauchés ne sont
plus payés régulièrement
- et que donc étant au chômage,
ils vivent sur l'habitant
- la cause de l'Angleterre en France
diminue de plus en plus

d) une France ruinée
- les bandes de pillards qui errent
à travers la France paralysent l'économie

e) la trève de Tours
- la paix est subordonnée à une renonciation
officielle de Lancastre sur la couronne de France,
Henri VI renonce à la couronne, mais demande
la souveraineté aux territoires anglais en France
- en 1444, trève de Tours, mais celle-ci
donnait surtout à Charles VII le temps
nécessaire pour organiser une nouvelle reconquête


19/ Charles le Victorieux

a) une guerre nationale
- guerre entre français et anglais,
Charles VII développe la puissance royale,
grâce à son rapport avec Agnès Sorel,
le roi est devenu un homme nouveau,
mais Charles VII doit aussi
beaucoup à Jeanne d'Arc

b) la pragmatique sanction
- conflit avec la papauté, convocation
du clergé de France à Bourges en 1438,
le roi s'érige en chef de l'Eglise de France
- la "pragmatique sanction"
= ordonnance royale au Concile de Bâle
qui fait de l'Eglise de France l'un des
organes de la France monarchique
et réglemente la discipline ecclésiastique

c) le redressement économique
- reconstruction des villes, redistribution
des terres, remise des dettes,
création de nouveaux courants commerciaux
(Jacques Coeur en est l'artisan le plus actif
et devient l'argentier du roi)
- ouverture des cols du Saint-Gothard et
du Brenner, route maritime par Gibraltar

d) le rétablissement financier
- réorganisation des impôts (directs et indirects)

e) vers l'armée permanente
- formation d'une armée régulière (12 mois sur 12),
le service du roi devient un privilège
- formation des "lances" = groupe tactique
autonome d'un corps d'armée,
c'est la "Grande Ordonnance",
la "Petite Ordonnance", ce sont les garnisons
- développement de l'artillerie comme arme offensive

f) la crise anglaise
- alors que Charles VII consolide son pouvoir,
l'Angleterre est déchirée par des luttes internes
(Gloucester contre Suffolk,
Henri VI n'a que 22 ans et ne fait pas le poids),
Suffolk se débarrasse de Gloucester
et reste seul au pouvoir avec Henri VI
- la guerre des "Deux Roses"
(York contre Lancastre) se prépare

g) les erreurs de Somerset
- des entorses sont faites à la trève,
le duc de Bretagne, François Ier,
se range officiellemen du côté du roi de France
- provocation de Fougères par
les troupes anglaises de Somerset

h) la reconquête de la Normandie
- en 1449, alliance entre la France et la Bretagne,
les anglais deviennent grandement
impopulaires en Normandie
- la campagne de Normandie débute le
20.7.1449, le 19.10. Rouen est occupée,
le cours de la Seine était libéré
- en 1450, contre-attaque anglaise
par Thomas Kyriel, défaite anglaise à Formigny
- Caen se rend en juillet 1450,
les anglais se retirent sur Calais,
la Normandie était libérée

ij) la reconquête de la Guyenne
- en Guyenne, la population n'est pas complice
de Charles VII comme en Normandie,
la Guyenne se sentait souveraine,
elle ne souffrait pas de l'occupation,
mais de l'absence anglaise
- en Angleterre, le duc Richard d'York
s'oppose à Henri VI, les Bordelais ne
pouvaient compter que sur eux-mêmes
- Bordeaux se rallie à Charles VII par
manque de protection du roi d'Angleterre,
Henri VI préférait renforcer Calais qui
faisait la prospérité de l'Angleterre
- contre-offensive anglaise en Guyenne,
Bordeaux est reprise,
nouvelle reconquête française

k) Castillon
- le 17.7.1453, dernière bataille
pour Bordeaux à Castillon,
défaite anglaise et mort de leur commandant,
le vieux John Talbot, âgé de 82 ans
- Bordeaux est repris par Charles VII
le 19.10.1453,
la guerre de Cent Ans était finie, seule
restait aux anglais la ville de Calais,
une lutte de trois siècles s'achevait

sources historiques
les hommes du XIV et XVème siècle
ont laissé de nombreux écrits
et témoignages sur la période de
la guerre de Cent Ans, dont entre autres:
- les grandes chroniques de France
- histoire de Charles VI par Jean Jouvenel
- chronique normande du XIVème siècle
- chroniques de Froissart par Jean Froissart
- le Prince Noir par Chandos
(considéré comme le plus grand capitaine anglais
de la première phase de la guerre de Cent Ans)
- vie de Bertrand Du Guesclin par Cuvelier
- les affaires de Jacques Coeur

+ de nombreux documents d'archives,
documents judiciaires,
registre des cours de justice
(dont le procès de Jeanne d'Arc),
exposés historiques, documents financiers,
ordonnances et calendriers
ainsi que d'oeuvres littéraires telles que
- le livre de la chasse de Gaston Phoebus
- les très riches heures du duc de Berry


>> un livre d'histoire qui se lit
comme un roman, surtout bien documenté,
tant pour les affaires politiques, sociales
et économiques qu'historiques


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