Russie2 (la campagne de)

série: Histoire (Empire)
éditeur: Tallandier
auteur: Cate Curtis
classement: biblio2C
année: 2012
format: broché
état: TBE/N
valeur: 10 €
critère: ***
remarques: la campagne de Russie, 22.6. au 14.12.1812
(the war of the two emperors),
la guerre de six mois

prologue
- comparaison entre la campagne de Napoleon
et celle d'Hitler,
avec la position de la Pologne
ainsi qu'avec les romans de Tolstoï et Stendhal
- le développement européen si l'invasion
de la Russie n'avait pas eu lieu


1/ la veillée, mars 1812
- description de Saint-Petersbourg,
une des plus belles villes du monde,
à 2200 km de Paris, il fallait 2 semaines
par un courrier zélé pour parcourir cette distance
- description du tsar Alexandre Ier
- Régis de Cambacérès, président du conseil d'Etat,
dirigeait la France en l'absence de l'empereur
- Fouché, le général Caulaincourt
= ambassadeur de France à Petersbourg,
Jérôme roi de Westphalie,
le comte de Ségur = aide-de-camp de Napoleon
ainsi que Jean Rapp, l'intrépide cavalier
alsacien avaient tenté de dissuader
Napoleon d'envahir la Russie, mais sans succès
- l'armée russe avec l'armée française étaient alors
les plus puissantes armées de l'Europe en 1812


2/ Petersbourg et la poudrière polonaise
le tsar Alexandre, né en 1777, avait eu
le suisse Frédéric-César Laharpe comme précepteur,
Bonaparte en se nommant consul à vie
était devenu un tyran aux yeux d'Alexandre
>> p. 49 description de la maison russe
(35 mio d'habitants dont 90% de serfs)

l'indignation causée par l'exécution
du duc d'Enghien en 1804
provoque une coalition contre la France en 1805
(Autriche, Suède et Angleterre),
l'Autriche battu doit signer le traité de Pressburg);
description de la Pologne que Napoleon
réinstaure sous le nom
de Grand Duché de Varsovie gouverné par
Joseph Poniatowski, ce qui empoisonna
à nouveau les relations franco-russes
et le traité de Tilsit fut une mésalliance

Davout était le meilleur maréchal de Napoleon
>> la proposition de Napoleon,
après son divorce avec Joséphine,
d'épouser la jeune Anna Pavlovna,
âgée de 18 ans, la plus jeune soeur d'Alexandre,
par cette union, Napoleon voulait cimenter
les Bonaparte aux Romanov,
mais cette offre ne fut pas du goût de
l'impératrice douarière (mère)
et Napoleon se reporta sur Marie-Louise
de Habsbourg, aussi âgée de 18 ans
qui fut choisie suite aux hésitations
de la cour impériale russe


3/ l'orage menace
Napoleon recevra deux fils, l'un de Marie-Louise,
l'autre de Maria Walewska
alors que Elisabeth de Bade n'avait pu donner
à Alexandre Ier que deux filles mortes
l'une et l'autre
>> p. 70 la guerre commerciale entre la
France et l'Angleterre
>> p. 71 le rocher d'Heligolande
sur la côte nord allemande,
occupé par les anglais, était devenu un
énorme dépôt de marchandises anglaises
qui faisaient l'objet d'un fructueux
trafic de contrebande
>> p. 77 le seul homme militaire capable de
l'armée russe: Barclay de Tolly
>> p. 87 description de Napoleon
alors âgé de 42 ans

4/ ultimes pressions
>> p. 108 la situation politique et militaire en Prusse,
Scharnhorst pour déjouer les dispositions
françaises de limiter les effectifs de
l'armée prussienne avait mis au point
le "Krümpersystem" qui lui permettait
de lever des réserves facilement disponibles
après les avoir entraînées (= recrutement secret)

en même temps, Frédéric-Guillaume III
faisait une alliance secrète avec le tsar
et cherchait à obtenir un soutien des
autrichiens en cas de conflit avec la France,
mais Metternich se méfiait de la Prusse
protestante qui avait annexé précédemment
la Silésie autrichienne

5/ Dresde
pour impressionner la Russie, Napoleon
organise en mai 1812 à Dresde
une conférence des monarches européens,
Marie-Louise était alors devenue
la première dame d'Europe
>> p. 126 4000 rations de farine étaient
nécessaires pour une journée de pain
de 4000 hommes
>> p. 127 2000 km de l'Italie à la Pologne
pour les 65'000 hommes du prince Eugène

6/ en route pour Dantzig
>> p. 143 le cortège de Napoleon avec la
voiture-secrétaire, on roulait à 11 km/heure
n.b. les fautes d'orthographe de Napoleon
(senté eccelente)

Napoleon espérait une offensive russe
au-delà de la Vistule qui serait facilement
écrasée par la Grande Armée
>> p. 155 description de Jérôme Bonaparte,
roi de Westphalie
>> p. 158 description de la Vieille Garde
où il fallait mesurer au moins 1.80 m
>> p. 162 description de Murat, roi de Naples
et de Berthier, chef d'état-major,
collaborateur direct de Napoleon,
prince de Neuchâtel et de Wagram


7/ complots, rêves et intrigues
>> p. 168 description de Speranski,
conseiller du tsar, qui voulait introduire
des réformes sociales en Russie,
mais qui sera écarté du pouvoir lors de
l'entrée en guerre avec la France,

le tsar enregistra deux succès
avant l'entrée en guerre:
- alliance avec la Suède de Bernadotte
- traité de paix avec la Sublime Porte
(Istamboul) que Napoleon avait négligé
>> p. 177 description de la politique turque
de 1798 à 1812
>> p. 179 description de l'amiral Tchitchagov
et du général Koutouzov qui avait réussi
à conclure un traité de paix avec les turcs,
ce qui affaiblissait la position de Napoleon
qui n'en connut la conclusion
qu'après son invasion de la Russie


8/ le nid de frelons de Vilna
Alexandre quitta Saint-Petersbourg
pour Moscou en avril 1812,
il voulait fomenter une révolte dans les
Balkans, révolte dirigée contre la Dalmatie
occupée par les français,
Barclay de Tolly est nommé commandant en chef
des armées russes sur le front ouest
avec principalement des officiers prussiens
comme aides-de-camp
>> p. 187 description de Vilna,
capitale de la Lithuanie

la stratégie du prussien von Phull
et celle de l'écossais Barclay
qui était à l'opposé l'une de l'autre
>> p. 193 description de Barclay de Tolly,

le spécialiste de l'artillerie russe:
Alexeï Andréïevitch Araktchéïev,
rivalité entre Barclay et Bagration,
description des officiers russes,
souvent indifférents à la condition
de leurs officiers subalternes


9/ en avant vers le Niémen
entretemps, Napoleon était arrivé à Koenigsberg
d'où il prépare son offensive a
vec des bases d'approvisionnement,
son armée de 400'000 hommes
et 100'000 chevaux se préparent
à traverser le Niemen,
but de Napoleon: Vilna à 300 km de Koenigsberg

première erreur de Napoleon:
refuser l'indépendance à la Pologne
ce qui aurait pu lui fournir un supplément
de 100 à 200'000 hommes pour la Grande Armée

le 23.6.1812 l'offensive française se déclanche
sur Kovno tandis qu'à Vilna le tsar
donne une grande fête


10/ un début de mauvais augure
env. 300'000 hommes avec peut'être
200'000 chevaux et 20'000 chariots
traversent le Niemen le 23/24.6.1812,
le tsar quitta Vilna le 27.6.
devant l'avance rapide des français

Napoleon durant ses 20 années de campagne
avait appris au moins une chose:
>> p. 267 le plan le plus minutieux pouvait
être anéanti du jour au lendemain
par une circonstance fortuite,
le 23.7. les russes font retraite sur Vitebsk
et se retirent à nouveau durant la nuit
sans accepter le combat


11/ l'insaisissable ennemi
le plan défensif de Drissa, camp retranché,
où l'on voulait résister aux français,
est abandonné et Alexandre renonce au
projet d'invasion en Illyrie

au début de l'offensive, une tempête
effroyable frappe l'armée française
durant plusieurs jours avec des averses glaciales
causant la perte de 10'000 chevaux et
plusieurs milliers de soldats,
par la suite, une chaleur torride
succéda aux pluies glaciales,
la route était jalonnée d'hommes effondrés,
mourant de soif


12/ plantons ici nos aigles
occupation de Vitebsk, mais les problèmes
de ravitaillement subsistent
et il manque maintenant des chevaux, en
partie remplacés par des boeufs
qui marchent toutefois plus lentement
>> p. 283 le triste état du service médical
de l'armée, malgré les efforts et les
"ambulances volantes" organisés
par Dominique Larrey, chirurgien en chef
de la Garde Impériale depuis 8 ans

Napoleon reste indécis quant au prochain but
à atteindre


13/ la bataille de Smolensk
la chance pour les russes fut que leurs deux armées
n'avaient pas encore pu être réunies
(Barclay au nord et Bagration au sud)
et devaient faire retraite jusqu'à leur jonction,
réunies, elles auraient été décimées par
Napoleon en cherchant le combat,
Barclay atteint Smolensk le 1.8. où enfin
il rejoint la 2ème armée de Bagration
>> p. 304 description de Smolensk

mais une fois encore, l'armée russe
avait fait retraite après avoir
incendié la ville, Smolensk était conquise,
toutefois ce n'était plus qu'une coquille vide


14/ sang et poussière
entrée en fanfare dans Smolensk
incendiée parmi les morts,
les hurlements des blessés
et les aboiements des chiens

et par une manoeuvre hardie,
Barclay sauve la 1ère armée d'un désastre
grâce à l'erreur de Napoleon qui avait fait
confiance à un Junot indécis
qui aurait pu piéger l'armée de Barclay

des 182'000 hommes avant la bataille de Smolensk,
il n'y en avait plus que 132'000
trois semaines plus tard
et les victoires de Napoleon jusqu'alors
n'avaient été que des victoires à la Pyrrhus,
Barclay s'étant chaque fois esquivé
devant l'avance des français
et en continuant vers Moscou, Napoleon avait
oublié qu'une armée marchait aussi sur son estomac
>> p. 327/328 le sentiment des troupes polonaises
qui se sentaient humiliées par Napoleon

Napoleon était maintenant à 400 km de Moscou
et ne pouvait plus lancer une offensive
conjugée sur Kiev avec ses troupes affaiblies,
il passe une semaine à Smolensk du 18 au 24 août
>> p. 331 la situation désespérée
des 10'000 blessés soignés par Larrey
et plusieurs des officiers de Napoleon
rechignaient à continuer sur Moscou
>> p. 334 le facteur "poussière" pas assez considéré


15/ les deux capitales (Moscou et Petersbourg)
>> p. 339 description de Moscou qui
comptait alors 300'000 habitants,
à Moscou, on ne s'inquiétait
pas encore de l'avance française
>> p. 340 description de
la ville marchande de Moscou:
le Kitaï-Gorod (la ville chinoise),
le Bielo-Gorod (la ville blanche),
le Skorodom (construction rapide
de maisons en bois)

Alexandre nomme le 20.8. Koutouzov (66 ans)
commandant en chef de l'armée russe sur
l'avis de ses conseillers,
mais il se lavait les mains de sa
responsabilité à ce sujet,
Barclay était deshonoré, il conservait
toutefois le commandement de la 1ère armée
et seuls les français lui reconnaissaient
son aptitude à diriger ses troupes,
car en effectuant une retraite calculée,
il avait ainsi sauvé la plus grande partie
de l'armée russe


16/ divisions et dissensions
discorde profonde entre Davout et Murat,
l'armée russe comptait encore 100'000 hommes
et s'apprête à livrer
une seconde bataille à Tsarevo-Zaïmitché,
mais Koutouzov choisit la position
de Borodino à 120 km de Moscou,
avant de passer à l'attaque, Napoleon
laisse reposer son armée grandement diminuée
(réduite d'environ 50% surtout pour la cavalerie),
45 chirurgiens sous la direction de Larrey
allaient s'occuper des blessés
durant la prochaine bataille
>> p. 369 la punition de Napoleon à Berthier,
son chef d'état-major:
ne pas l'inviter à partager son dîner
quotidien durant 4 jours
>> p. 351 l'animadversion = désapprobation
latente, hostilité sourde, se manifestant
occasionnellement dans des paroles,
des attitudes ou des actes


17/ Borodino
un terrain de collines couvertes de sapins
constituait une situation défensive,
les russes étant mal entraînés pour une
guerre de mouvement
>> p. 378 description de la redoute Chevardino

le 5.9. la bataille commence, la redoute
Chevardino est rapidement conquise,
mais de durs combats se déroulent
autour de la redoute de Raïevski
qui est prise et reprise plusieurs fois,
le duel de canons était si intense
qu'on ne pouvait distinguer
les canons français des canons russes
et à la fin de la journée, les lignes russes
étaient terriblement éprouvées mais pas rompues


18/ le torrent et l'éponge
les pertes françaises étaient de 20'000 hommes,
toutefois les plus grandes pertes
avaient été subies par la cavalerie
qui de 70'000 hommes en franchissant
le Niemen était tombée à 15'000
après la bataille de Borodino et
n'existait pratiquement plus, la poursuite
des russes en retraite s'effectue
avec une moyenne de 20 km par jour
>> p. 424 Madame de Staël alors
en séjour à Petersbourg

à Moscou, Borodino est considéré
comme une victoire russe
>> p. 428 le projet de bombardement aérien
par ballon sur l'armée française ,
inventé par le russe Leppich,
mais jamais exécuté

Rostopchine, gouverneur de Moscou,
cherche à évacuer les trésors et
les archives de Moscou, tâche impossible
car il eut fallu 10'000 chariots au minimum,
Rostopchine conseille à Koutouzov de
ne pas défendre Moscou à tout prix,
lui-même a déjà fait évacuer les trésors
les plus importants et une grande partie de
la population moscovite a quitté la cité

Koutouzov décide alors de retraiter en
arrière de Moscou, comparant celle-ci
à une éponge qui absorbera l'armée française


19/ l'holocauste
Rostopchine organise l'évacuation de Moscou,
les pompiers quittent la ville en emportant
les pompes à incendie,
plusieurs blessés graves sont abandonnés et
il laisse quelques policiers en civil
pour le tenir informé, il fait libérer
plusieurs prisonniers de droit civil
qui allaient mettre le feu à la ville en la pillant,
suivait la frénésie des troupes françaises
pénétrant à Moscou
>> p. 464 premier témoignage du sergent Bourgogne
>> p. 465 le pillage de Moscou comme
mentionné par le sergent Bourgogne
>> p. 460 à 480 l'incendie
de Moscou du 12 au 20.9.1812
>> p. 479 on pouvait facilement lire un livre
à une dizaine de kilomètres à la ronde

Napoleon prévoit encore de quitter
Moscou et de partir vers le nord
en direction de Petersbourg
qu'il pensait atteindre en 15 jours


20/ une poignée de cendres
Moscou était devenue un désert de ruines,
sur les 9000 habitations,
il n'en restait guère plus que 2000 non dévastées,
le tsar Alexandre fut profondément affecté
par l'incendie de Moscou, mais il n'en
continua pas moins de refuser toute
proposition de paix de la part de Napoleon


21/ un été de la Saint-Martin trompeur
entretemps, Koutouzov effectue
un tournant vers le sud-ouest
en laissant les cosaques en arrière-garde
pour tromper l'ennemi, il était devenu
très prudent et ne voulut plus de bataille rangée,
toutefois ses cosaques et ses hussards
harcelaient avec succès les convois français
sur la route Smolensk-Moscou,
le 4.10 Barclay de Tolly se retire à
Petersbourg dans l'indifférence du tsar

le ravitaillement de la grande armée
devenait de plus en plus difficile
malgré un automne clément jsuqu'à mi-octobre
(une estafette de Paris à Moscou mettait
alors 18 jours) et plus on s'éloignait
de la grande route pour chercher du fourrage,
plus les chevaux en consommaient

à partir du 5 octobre, un cessez-feu
s'instaura tacitement, mais le rusé
Koutouzov avait bel et bien trompé
Napoleon en le faisant attendre
une peu probable offre de négotiation
et de paix de la part du tsar


22/ un tardif exode
le 6.10 Napoleon prépare sa retraite,
le 13.10 la première neige commença
à tomber, malgré tout Napoleon hésitait
encore à quitter Moscou tandis que
sa cavalerie était pratiquement inexistante
>> p. 528 la stratégie du colonel Toll pour
décimer l'armée française:
harceler et couper la route aux français
lors de leur retraite, alors que
la stratégie de Koutouzov était
de prolonger la léthargie de Napoleon

l'armée russe comptait maintenant
60'000 hommes, 9'000 artilleurs dotés
de 620 canons et 18'000 cosaques
>> p. 529 description des cosaques

le 18.10 une attaque est menée sur
les restes de la cavalerie de Murat,
mais par suite de manque de co-ordination
entre les commandants russes,
l'offensive échoue, néanmoins l'état
pitoyable des soldats français
incita les russes à plus d'audace
et ce seront eux qui dorénavant prendront
toujours l'offensive,
la retraite de Murat incita Napoleon
à agir rapidement, mais aussi à donner
des ordres contradictoires, notamment
concernant l'approvisionnement à emporter,
le 19.10 Napoleon ordonne la retraite
>> p. 540 la description des chariots
de toute sorte et malgré leurs faibles
effectifs, les français repoussent
une offensive russe à Maloyaroslavets le 24.10


23/ le commencement de la débâcle
>> p. 560 l'arrière-garde du général Mortier
capture le général wurtembergeois
Wintzingerode qui combat dans les rangs russes

la désintégration de l'armée chargée de
butins était le mieux illustrée
par les détritus qu'elle laissait dans son reflux,
tandis que les cosaques devenaient
de plus en plus hardis en harcelant
les flancs de l'armée française
>> p. 563 la condition affreuse des blessés
et des prisonniers

la température baissait de plus en plus,
les soldats affamés mangeaient les chevaux
qui mouraient exténués et on brûlait
les chariots pour se réchauffer,
l'arrière-garde était maintenant commandée
par le maréchal Ney qui se couvrit de gloire

le 3.11. les troupes de Davout se
retrouvèrent coupés du reste de la grande
armée et faisant façe à une offensive russe,
les français perdirent près de 6000 hommes,
en évitant un désastre, les français
considéraient cela comme une victoire
>> p. 571 à nouveau les témoignages
du sergent Bourgogne,
un des rares rescapés de la retraite,
le 6.11. début de l'hiver russe

>> p. 573 le complot de Malet réprimé
à Paris le 23.10

le 8.11. une terrible tempête de neige
qui dura plusieurs jours cause la mort
d'env. 10'000 hommes et l'arrivée
à Smolensk le 9.11. ne procura guère de répit


24/ la débâcle
la grande armée passa 5 jours à Smolensk
pour essayer de se réorganiser,
elle était maintenant réduite
à 45'000 hommes et 220 canons
et le 15.11. Minsk, un centre important
d'approvisionnement tombe aux mains des russes

Koutouzov fait l'erreur de ne pas occuper
solidement le carrefour stratégique
de Krasnoïe et une attaque surprise
des français réussissent à démoraliser les russes,
convaincus que l'armée de Napoleon était
encore redoutable
>> p. 589 l'exploit extraordinaire
du maréchal Ney

la non-intervention de l'armée autrichienne
de Schwarzenberg cause encore plus de
désordre et de perte dans la grande armée
et il restait encore 130 km pour atteindre
Borissov et son pont sur la Berezina

entretemps, le 22.11. le pont de Borissov,
commandant le passage de la Berezina
était tombé aux mains de Charles de Lambert,
commandant l'avant-garde de l'armée de Tchitchagov
qui n'était plus menacée par Schwarzenberg

le maréchal Oudinot avec son deuxième corps
arrive à la rescousse et chasse les russes
de Borissov, mais ne peut s'emparer du pont
dont la rive occidentale reste occupée par
l'armée de Tchitchagov,
heureusement pour Napoleon, Corbineau un
officier d'Oudinot avait repéré
à 12 km au nord de Borissov un gué qui
permettait de traverser la Berezina

Napoleon ordonne alors à Chasseloup,
commandant du génie
et au général Eblé, chef des pontonniers
la construction de deux ponts
et tandis que Napoleon feignait de traverser
la Berezina au sud de Borissov,
son armée s'apprêtait à passer le gué
large d'env. 150 m à Stoudienka,
le 26/27.11. une grande partie de la grande
armée avait pu traverser le fleuve
et se mettre en position pour défendre la
rive occidentale, mais à Borissov,
les troupes d'Oudinot avaient dû se
retirer devant l'armée de Koutouzov
venant de l'est qui rejoignait celle de
Tchitchagov à l'ouest,
les deux armées, rejointes par celle
de Wittgenstein venant du nord,
commencèrent alors, avec du retard,
à harceler les troupes françaises
sur les rives est et ouest de Stoudienka,

les troupes de Wittgenstein menacaient
particulièrement l'arrière-garde française
commandée par le maréchal Victor qui
défendait l'accès des pont depuis la rive est

10'000 traînards restaient sur la rive est,
mais 40'000 hommes et 200 canons
avaient pu traverser la Berezina grâce
au sacrifice des pontonniers d'Eblé,
la grande armée avait échappé au naufrage,
mais ses tribulations étaient loin d'être terminées


25/ la fuite
entretemps à Petersbourg, le tsar n'était
pas satisfait sur l'évolution
de l'offensive menée par Koutouzov,
notamment par sa lenteur à manoeuvrer,
Tchitchagov avait mis à prix la tête de
Napoleon, notamment par ses cosaques,
mais Napoleon échappa à toutes les tentatives

et la marche désespérée des restes de la
grande armée se poursuivit jusqu'à Vilna,
tandis que Napoleon quittait son armée
pour retourner à Paris,
la température était tombée maintenant
jusqu'à -25°/-30° et le froid causa
à nouveau de nombreuses victimes

le 11.12 Napoleon arrivait à Varsovie
et le 19.12 il était à Paris


26/ l'hécatombe de Vilna
à 1500 km de Paris et après le départ de
l'empereur, les soldats qui arrivaient
devant Vilna tombaient en grand nombre
pour ne plus se relever, tout paraissait
congelé par le froid intense et chacun,
soldat comme officier, complètement
démoralisés n'en faisait plus qu'à sa tête

à Vilna, l'atmosphère était infernale,
de 15 à 20'000 soldats français y étaient
laissés à la merci des russes quand le 12.12.
les troupes de Koutouzov entrèrent dans la ville,
le 22.12. le tsar y fit son entrée


27/ les séquelles
ainsi s'achevait la plus dure campagne
militaire depuis l'époque de Xerxès
avec des pertes énormes pour l'armée française:
125'000 hommes tués au combat,
48 généraux, 3000 officiers et 190'000 hommes
faits prisonniers,
100'000 morts de froid, de faim ou de maladie,
920 canons ainsi qu'une multitude
de chariots perdus dans la tourmente,
mais plus que tout chose, les soldats et
les chevaux de Napoleon auront été anéantis
par le manque de nourriture

et si l'on remplaça assez vite les armes,
il fut difficile de remplacer les quelques
100 à 200'000 chevaux tombés en Russie,
le manque de cavalerie allait peser lourd
dans les nouvelles campagnes,
et surtout l'invincibilité de Napoleon était
profondément touchée, le noir devenait
de plus en plus la couleur nationale

pour les russes, la reprise de Vilna et
de Kovno fut une gloire nationale,
en outre Koutouzov négligea les armées
de Schwarzenberg qui en profita pour
s'emparer de nombreux territoires russes au sud,
alors que Mac Donald au nord est obligé
d'évacuer Koenigsberg en janvier 1813

en février, les russes occupent Varsovie,
seule la forteresse de Dantzig
résista à l'avance russe,
mais Wittgenstein entrait à Berlin le 4 mars,
le 15 mars, le tsar rencontrait à Breslau
le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III
qui appela les allemands à se soulever
contre les français,
en avril, une formation germano-russe
entrait dans la Confédération du Rhin et
assiégeait Hambourg,
un peu plus tard, l'Autriche rejoignait la coalition,
fin avril mort de Koutouzov remplacé par Wittgenstein

avec une nouvelle armée, mais pitoyable
comparée à l'éclatante Grande Armée de juin 1812,
Napoleon arrivait à Mayence fin avril 1813,
première bataille à Lützen le 2.5. où
Napoleon se retrouve gagnant,
deuxième bataille à Bautzen fin mai
à nouveau en faveur de Napoleon,
mais sans la cavalerie de Murat,
Napoleon ne peut exploiter son succès

le 15.6. une nouvelle coalition entre la
Russie, la Prusse, l'Autriche,
l'Angleterre, la Suède et la Bavière
se dresse contre Napoleon,
cette fois, c'en est trop pour Napoleon
qui est battu à Leipzig
(de peu suite à la trahison des saxons)
en octobre 1813 et en mars 1814 Napoleon abdiquait

n.b. la Grande Armée lors de la campagne
de Russie comportait une formation
de 10'000 suisses dont la plupart périrent
lors de la retraite

>> un très bon livre traitant la campagne
militaire, mais aussi les dessous politiques
de la campagne et donnant un aperçu
intéressant de la situation européenne
avant la début de l'invasion,
bonne description avec un texte de qualité
et surtout aussi un travail
de référence impressionnant
>> p. 671 les effectifs de la Grande Armée
en juin 1812:
476'930 hommes et 138'952 chevaux

bibliographie (parmi un grand nombre)
- les mémoires du sergent Bourgogne
- les maréchaux de Napoleon by Chardigny
- manuscrits de 1812 by baron Fain
- l'uniforme et les armes des soldats du
premier Empire by F+L. Funcken
- mémorial de Saint-Hélène by Las Cases
- Alexandre Ier, un tsar énigmatique by Paléologue
- Alexandre Ier, le sphinx du nord by Henri Troyat
- mémoires par le général alsacien Rapp
- souvenirs d'un mamelouk de Napoleon by Ronstan
- le baron Larrey, chirurgien de Napoleon by Soubiran

nomenclature
- faconde = élocution facile, abondante (jusqu'à déplaire)
- rescrit = ordonnance, décret du roi,
de l'empereur (ancien)
- procrastination = tendance à remettre
systématiquement au lendemain des actions
- liminaire = placé en tête d'un ouvrage,
d'un discours
- ampliation = copie authentifiée d'un acte
notarié ou administratif



Information

- Janus est le dieu romain des commencements
et des fins, des choix, du passage et
des portes, il est bifrons = à deux visages
et représenté avec une face tournée vers le passé,
l'autre sur l'avenir, il est fêté le 1er janvier,
son mois, Januarius (janvier), marque le
commencement de la fin de l'année
dans le calendrier romain,
c'est un dieu de premier rang dans
la hiérarchie religieuse romaine,
le seul avec Jovis (Jupiter et Mars
= Marspiter) a être qualifié de dieu
le père: Januspater

- Baron Fain (1778-1836)
sous le Consulat, Fain est préposé à la
division des Archives, rattaché à
Hugues-Bernard Maret, futur duc de Bassano,
alors secrétaire d'État puis garde général
des archives impériales,
grâce à la protection de celui-ci, il entre
en 1806 au cabinet particulier de l'empereur
avec le titre de secrétaire-archiviste,
attaché à la personne de l'Empereur,
il l'accompagne dans toutes ses campagnes
et est créé par lui baron de l'Empire en 1809
ainsi que maître des requêtes au
Conseil d'État en 1811,
secrétaire particulier en 1813, il sert
Napoléon jusqu’à l'abdication de
Fontainebleau le 6 avril 1814,
Napoléon appréciait sa totale discrétion
et son égalité d'humeur,
il récompensera largement ses services

le baron Fain reprend ses fonctions auprès de
l'Empereur le soir même de son retour au
palais des Tuileries le 20 mars 1815,
il ne le quitte pas pendant les Cent-Jours
et le suit jusqu’à la Bataille de Waterloo,
adjoint au ministre secrétaire d'État du
gouvernement provisoire du 6 au 8 juillet 1815,
il se retire au moment de la seconde
restauration et vit jusqu'en 1830
dans une retraite absolue, s'occupant
à la publication de ses souvenirs personnels
sur Napoléon qui sont considérés
comme d'une très grande fiabilité

- Pierre Daru (1767-1829,
est un homme d'état et homme de lettres français,
comte d'Empire, il est l'homme dont Napoléon
à Sainte-Hélène résumait l'éloge
en ces termes:
il joint le travail du bœuf
au courage du lion

de retour au service actif à partir
du mois de septembre 1798,
il occupe successivement les postes de:
- commissaire ordonnateur
près de l'armée de Mayence,
commandée par le général Joubert
- chef des services de subsistances,
transports et hôpitaux de l'armée d'Helvétie
- ordonnateur en chef de l'armée d'Helvétie
(mars 1799)

durant l'été 1799, il est finalement nommé à
la tête d'une commission chargée d'apurer
les comptes avec l'Helvétie

le 17 avril 1811, Daru reçoit le titre de
ministre secrétaire d'État à la place
de Hugues-Bernard Maret, duc de Bassano,
lui-même nommé aux relations extérieures,
à ce poste, à peu près équivalent à celui de
l'actuel secrétaire général du Gouvernement,
il doit signer toutes les ampliations
des actes et assurer leur envoi ainsi que
leur archivage, rédiger le procès-verbal
du conseil des ministres, relire le Moniteur,
préparer une réforme (qui n'aboutira pas)
du conseil d'état,

le 9 septembre 1811, Jean-Baptiste Nompère
de Champagny, l'ancien ministre
des relations extérieures ayant encouru
la disgrâce de Napoléon,
il est nommé intendant général des domaines
de la couronne à la place de Daru
qui conserve malgré tout la gestion du
domaine privé et l'intendance des armées:
il liquide les comptes des armées,
approvisionne la place de Dantzig
en vue de la campagne de Russie,
rédige un rapport sur les transports
militaires, un autre sur les ambulances
proposant de créer un bataillon
des équipages des hôpitaux,
finalement, il laisse l'intendance générale
de la grande armée au général Mathieu Dumas
en mars 1812

vers la fin de 1811 et au commencement de 1812,
devant l'imminence d'une rupture des
relations franco-russes,
Daru accompagne Napoléon en Russie,
après la bataille de Smolensk,
Daru conseille à l'empereur d'abandonner la
poursuite d'un ennemi qui se dérobe
par une fuite calculée, arguant
que les approvisionnements ne suivraient
plus avec sécurité la marche de l'armée
française et que les convois ne pouvaient
s'aventurer dans un pays où manquaient les
lieux pouvant recevoir des magasins,

l'incendie de Moscou justifiera les craintes
de Daru, pendant la retraite de Russie,
il remplace le général Mathieu Dumas,
malade et dans l'impossibilité de continuer
ses fonctions d'intendant général,
nomination officialisée le 6 novembre 1812
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